Ingrid Levavasseur: «La France a besoin de l’Union européenne»


Ingrid Levavasseur: «La France a besoin de l’Union européenne»:

La tête de liste «gilets jaunes» aux élections européennes lance un appel aux dons pour financer sa campagne.

Tête de la liste Ralliement d’initiative citoyenne (RIC), Ingrid Levavasseur
tend la main aux autres listes «gilets jaunes» et livre sa vision de l’Europe.

LE FIGARO. – Pourquoi vouloir porter une liste «gilets jaunes» aux prochaines élections européennes?

Ingrid LEVAVASSEUR. – Parce que beaucoup d’entre nous n’ont pas été pris au sérieux ces trente dernières années. On nous a snobés. Notre objectif est de servir de tremplin à tous les citoyens qui se sentent délaissés, au-delà même des «gilets jaunes».
Les européennes sont la première élection qui se présente à nous, donc on y va. Comme nous irons aux municipales et aux législatives. On ne peut pas attendre cinq ans. Il faut que l’on se multiplie dans les institutions et que le peuple d’en bas y
prenne la parole.

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Comment incarner les «gilets jaunes» alors que la base de mouvement semble largement opposée à votre candidature?

Si nous sommes tous issus des «gilets jaunes», nous ne sommes pas «la» liste «gilets jaunes».
Je m’attendais aux attaques. Elles me paraissent normales. Nous sommes un mouvement neuf, on s’aventure, on tâtonne, on s’interroge. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’on discute notre appartenance au mouvement. Je n’ai pas d’autorisation à demander
ni de justification à donner pour porter un gilet. «Gilet jaune», je le suis depuis l’enfance. J’ai toujours ressenti cette injustice sociale. Ma mère m’a élevé seule, elle était battue, on a connu la galère. Cela fait trente ans que ce sentiment
de ras-le-bol existe dans toute une partie de la société. Il faut que cela cesse.

Mener une liste aux européennes coûte cher. Comment comptez-vous la financer? Grâce au soutien de Bernard Tapie?

Absolument pas. Bernard Tapie nous a prêté une salle à un moment donné. Je n’ai plus eu aucun contact avec lui depuis. Si nous avions son appui, nous aurions moins de difficultés pour trouver une banque, par exemple. L’objectif est de nous financer grâce
à un appel aux dons à tous les citoyens, grâce au lancement de notre site euroric.fr.

«Notre seul objectif est de changer les choses et que les citoyens retrouvent leur place dans nos institutions»

D’autres listes «gilets jaunes» sont en préparation. Discutez-vous dans l’optique d’un rapprochement?

Nous commençons à échanger des idées entre nous. Nous verrons ce qui est faisable ou non. Personnellement, je pense que ce rassemblement est nécessaire. S’il doit y avoir un mélange entre toutes les listes,
je n’ai d’ailleurs pas vocation à m’imposer comme tête de liste. Je n’entends pas faire carrière. Notre seul objectif est de changer les choses et que les citoyens retrouvent leur place dans nos institutions.

Quel programme défendrez-vous lors de ces élections?

Nous devons d’abord nous structurer. Grâce à notre plateforme en ligne NOos-citoyens, qui est soutenue par le CNRS, nous récoltons les revendications et propositions de citoyens, qui deviendront notre projet. C’est un peu notre «grand débat» à nous. Mais
contrairement à la plateforme du gouvernement, les revendications y sont totalement libres. Nous en avons déjà reçu 4500.

«Les centaines de milliers de personnes qui ont défilé le 17 novembre ne sont pas conservatrices ou souverainistes»

Le chef de l’État oppose régulièrement progressistes et proeuropéens d’une part aux conservateurs et aux souverainistes d’autre part. Où vous situez-vous?

La place des extrêmes chez les «gilets jaunes» a été trop mise en avant. Le mouvement est très pluraliste, mais il garde ses convictions de départ: vivre dignement, dans une société plus démocratique. Les centaines de milliers de personnes qui ont défilé
le 17 novembre ne sont pas conservatrices ou souverainistes.

Quelle est votre vision de l’Union européenne?

C’est un avis personnel. Mais seule, la France ne pourrait pas faire grand-chose. C’est un trop petit pays face à la Chine ou les États-Unis. Elle a besoin de l’Europe, de l’Union européenne. C’est là que sont les leviers pour faire évoluer les choses,
notamment en termes de transition écologique. Même si des modifications sont à apporter. Il y a par exemple trop d’opacité. Nous avons du mal, en France, à savoir ce qu’il se passe réellement dans les instances européennes.

Certains de vos colistiers ont rencontré Luigi Di Maio, dirigeant du M5S et vice-président du Conseil italien, provoquant une véritable crise diplomatique.

C’est encore une question de testostérone. Les chefs d’État bombent le torse entre eux, nous n’y sommes pour rien. L’idée était de rencontrer divers députés à travers l’Europe pour échanger, plutôt vers la fin février. Cette rencontre a été précipitée.
Mais elle est légitime, notre plateforme NOos-citoyens s’approchant beaucoup de celle mise en place par le M5S italien.

» LIRE AUSSI – Quels points communs entre «gilets jaunes» et Mouvement 5 étoiles en Italie?

La question des flux migratoires s’annonce être un thème important de la campagne des européennes. Elle est également un sujet de friction entre la France et l’Italie. Est-ce un sujet d’importance pour vous?

Encore une fois, c’est une position personnelle. Je pense qu’il faut arrêter de négliger l’humain quel qu’il soit. Tout être humain doit être considéré comme tel. Au lieu d’aider les pays concernés, on laisse croire que tout est magnifique dans nos pays
européens. Ces pauvres humains finissent par mourir dans l’océan en espérant une vie meilleure. Alors que si nous les aidions différemment, ils pourraient vivre décemment dans leur pays.

Lors du lancement de votre liste, vous aviez présenté dix candidats. Ils sont dorénavant 8. Où trouver les 71 autres?

Il y a eu des défections, c’est vrai. Et il y en aura d’autres. C’est normal. Toutes
les places sont ouvertes à candidature sur notre site euroric. Nous avons reçu pour l’heure 70 candidatures d’hommes et une trentaine de femmes. Il faut que ces dernières, très nombreuses sur les ronds-points, se mobilisent et n’hésitent pas à candidater. Que ce soit pour donner un simple coup de main ou pour être un peu plus en avant.

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