Au Parlement européen, la magie autour de Macron est retombée


Au Parlement européen, la magie autour de Macron est retombée:

Si le président de la République a déçu à Strasbourg, c’est avant tout parce qu’il a voulu croire que la méthode qui lui avait permis de gagner la présidentielle en France pouvait être dupliquée au niveau européen.

Ce jugement, à l’égard du président de la République, est tranchant comme une lame. «En moins de deux ans, Emmanuel Macron a transformé une neutralité bienveillante à son égard en hostilité à peine déguisée», confie Philippe Lamberts, coprésident du groupe
des Verts au Parlement européen.

Certes, les élections européennes approchent, et l’eurodéputé belge n’est absolument pas sur la même ligne politique que le président français, qu’il qualifie à l’envi de «néolibéral». Certes, il n’a probablement toujours pas digéré l’échange – rude –
qu’il a eu avec le président lorsque celui-ci est venu à Strasbourg en avril 2018 pour
prononcer un discours très attendu. Mais, comme beaucoup d’autres eurodéputés, Lamberts admet sans hésitation avoir d’abord été «séduit» par le discours qu’avait prononcé Emmanuel Macron à la Sorbonne. «Le mythe de Macron l’européen est très surfait»,
dit-il maintenant.

Si Macron a déçu à Strasbourg, c’est avant tout parce qu’il a voulu croire que la méthode qui lui avait permis de gagner la présidentielle en France pouvait être dupliquée au niveau européen. Or la manière dont fonctionnent les groupes politiques à Strasbourg
n’a rien de commun avec les us et coutumes français. Au Parlement européen, il n’y a pas de groupe majoritaire mais un hémicycle très morcelé où la culture du compromis pour construire des accords ad hoc domine. Ces groupes n’en sont pas moins très
installés. «Emmanuel Macron a cru que les gens allaient se ranger derrière lui. Et, très franchement, cela a beaucoup agacé, notamment à la CDU», raconte un membre du PPE, la droite européenne. Philippe Lamberts se souvient aussi d’avoir vu débarquer
fin 2017 son prédécesseur à la tête du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit. Ce très proche du chef de l’État était venu sur place pour demander aux eurodéputés Verts de se mettre dans la roue de La République en marche. La réponse fut négative.

Selon certains, opposer frontalement «progressistes» et «nationalistes» devait surtout permettre à Macron de se placer au centre du jeu, comme chef de file des «proeuropéens»

Dans ce contexte, il n’est pas très surprenant que le mantra d’Emmanuel Macron, du moins celui qu’il a poussé sans relâche jusqu’à fin 2018, selon lequel la bataille des européennes se jouerait entre «progressistes» et «nationalistes», aient fait un flop
à Strasbourg. La formule a été très critiquée en France. Elle l’a été aussi dans la sphère européenne.

Car, selon certains, opposer frontalement «progressistes» et «nationalistes» devait surtout permettre à Macron de se placer au centre du jeu, comme chef de file des «proeuropéens». «C’est un choix, mais je ne suis vraiment pas certaine que ce soit une
bonne idée de dire “tous ensemble”», réagit Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe de l’Alliance socialiste et démocrate. Elle ajoute : «Il y a des positionnements différents entre les partis européens, et on doit les mettre en avant pendant
la campagne des européennes. Les grandes familles politiques européennes sont importantes parce que c’est là que se forge l’esprit de la citoyenneté européenne.»

Au PPE aussi, la dialectique de Macron a été accueillie très fraîchement. Plus encore peut-être, sachant que le premier ministre hongrois, Viktor Orban,
est membre de la droite européenne. Or Viktor Orban compte parmi les principales cibles d’Emmanuel Macron, avec l’Italien Matteo Salvini. «Séparer les Européens de manière manichéenne entre “bons” et “mauvais” est pour moi une approche dangereuse
et contre-productive, qui risque de renforcer encore les populistes en Europe», estime ainsi le chef de file du PPE pour les élections européennes, Manfred Weber. «Si la campagne des élections européennes se réduit à un débat “pour” ou “contre” l’Europe,
cela risque d’empêcher une nouvelle fois la tenue d’un vrai débat d’idées sur l’orientation que nous voulons donner à l’Europe», souligne encore l’eurodéputé de la CSU, candidat à la présidence de la Commission européenne. Pour l’heure, Emmanuel Macron
s’est rapproché des libéraux. Mais, une fois les élections européennes passées, l’atterrissage des Marcheurs à Strasbourg promet d’être très compliqué. «Il serait très difficile de faire émerger un grand parti centriste au Parlement européen», affirme
Mercedes Bresso.

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