Emmanuel Macron face aux récriminations des maires ruraux


Emmanuel Macron face aux récriminations des maires ruraux:

Dans l’Indre, le chef de l’État a dû répondre à la colère des édiles au sujet notamment de la baisse des dotations aux collectivités.

Envoyé spécial à Gargilesse-Dampierre (indre)

À mi-chemin du grand débat national, Emmanuel Macron s’offre une pause. Dans le marathon qu’il mène depuis maintenant un mois à travers la France, le président de la République est sorti pour la première fois du strict cadre de la crise des «gilets jaunes». Une
longue promenade dans les rues étroites du village de George Sand, Gargilesse-Dampierre, dans le Berry. Dans l’après-midi, il rencontre à nouveau des maires puis, nouveauté, des chefs d’entreprise.

Mais ce jeudi matin, il est à mille lieues des «gilets jaunes» dont les quelques traces ont été soigneusement effacées dans le village. Sur le bitume, les inscriptions «RIC» et «Macron démission» ont été recouvertes de peintures. Des gilets accrochés
dans un arbre ont été retirés. Même la sécurité a l’air allégée. Les habitants que croise Emmanuel Macron sont aimables, certains sont impressionnés de lui serrer la main, ceux qui peuvent lui demandent de poser pour une photo avec eux. Seule allusion
à la crise qui secoue le pays, un homme le retient à un moment par la manche pour lui glisser quelques mots à l’oreille.

«On nous avait annoncé un nouveau monde et on se rend compte que finalement, ce nouveau monde n’est pas si nouveau que ça»

Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre

Des récriminations contre les manifestants qui bloquent la circulation le samedi sur la route un peu plus haut. «Il faut vraiment tenir hein!», lui intime le passant en allusion aux «gilets jaunes». «Il y en a de moins en moins. C’est en train de s’atténuer»,
lui assure le chef de l’État, en plaidant pour «la juste fermeté». Puis il repart serrer des mains à droite à gauche en s’enquérant des métiers des uns et des autres.

Le chef de l’État prend son temps, profite tant qu’il peut de ce «soleil d’hiver» qu’il confie apprécier. Il s’arrête ici pour visiter une boutique d’encadrement, déambule un peu plus loin dans la demeure d’une artiste qui expose des peintures, jette
un œil dans une échoppe consacrée au Tibet et termine par un petit tour dans la maison de George Sand. «Merci pour ce voyage, pour cette parenthèse dorée», conclut le président de la République en sortant. Retour au réel. Retour au grand débat. Les
maires l’attendent un peu plus haut. «On nous avait annoncé un nouveau monde et on se rend compte que finalement, ce nouveau monde n’est pas si nouveau que ça», le cueille d’entrée de jeu Vanik Berberian,
maire de Gargilesse-Dampierre, également président de l’Association des maires ruraux de France.

Déserts médicaux

La suite est à l’avenant, même si le ton reste républicain. Comme dans l’ensemble des autres rencontres avec les maires, les problèmes défilent: déserts médicaux, zones blanches, dépendance, problèmes de recrutement, désindustrialisation, lourdeur de
l’administration… Tout ou presque y passe. Et notamment le grand sujet des maires: la baisse des dotations aux collectivités qu’ils reprochent à Emmanuel Macron et dont ce dernier se défend. Emmené par André Laignel, le vice-président de l’Association
des maires de France, le débat est animé. Il y a un contentieux entre les deux hommes. «Vous avez été beaucoup
plus subtil que ceux du quinquennat précédent, mais comme vous en faisiez partie, peut-être avez-vous appris», lance André Laignel au chef de l’État. Lequel l’accuse en retour de mentir et de trafiquer les chiffres: «Quand on dit la moitié de la vérité,
c’est qu’on ne dit pas la vérité.»

Puis visant directement les propos de son contradicteur: «Ce discours, quand il s’installe, affaiblit la République. C’est un discours mensonger contre l’État.» André Laignel fulmine sur sa chaise mais il n’a plus de micro. Alors il fonce sur la presse
dès le débat terminé. «Le président de la République parle bien, longtemps et se montre plutôt satisfait de sa prestation. Mais nous n’avons entendu aucune action concrète. Sur ces bases, les différends vont continuer.» Pour Macron, la «parenthèse
dorée» n’aura guère duré plus de deux heures.

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