«Faire porter le chapeau de l’antisémitisme aux gilets jaunes: une lâcheté face à l’islamisme»


«Faire porter le chapeau de l’antisémitisme aux gilets jaunes: une lâcheté face à l’islamisme»:

Pour Gilles-William Goldnadel, le mouvement des Gilets jaunes charrie le meilleur comme le pire. Cependant, vouloir tenir l’ensemble des Gilets jaunes pour seuls responsables de la montée de l’antisémitisme relève, selon lui, d’une forme d’hypocrisie et de déni face à la «principale menace islamiste».

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, est paru chez Plon.


Il y a bien longtemps que l’auteur de ces lignes a renoncé à voir éradiqué l’antisémitisme.

Il y voit, par temps clair, un précipité parfait de bêtises et de méchanceté humaine fondé principalement sur la jalousie et la médiocrité. Par temps mauvais, il lui arrive d’apercevoir dans le brouillard la griffe du malin.

Et à dire tristement le vrai, il s’y fait, dès lors que la violence ne fait pas trop d’efforts.

Pour parler à présent à la première personne sur ce sujet très personnel, je me suis toujours voulu un juif du réel et non du virtuel. Et les choses que je vais à présent écrire ne sont pas suffisamment dites. La première, c’est que j’ai toujours refusé
de voir la question juive instrumentalisée à l’excès, par toutes sortes de gens, ce qu’elle est tout d’abord par un phénomène médiatique névrotique.

Je soutiens donc, assez seul, qu’il ne me paraît pas de très saine pratique de focaliser sur des faits minuscules pour les rendre, par effet grossissant, Incident Majuscule. Telle a toujours été ma doctrine, qu’il s’agisse d’un graffiti sur une mosquée,
une église ou une synagogue, je ne veux pas combler d’aise le graffiteur, ou le twitteur, crétin et inconnu, dont l’œuvre passe ainsi providentiellement à la postérité.

Je soutiens donc, assez seul, qu’il ne me paraît pas de très saine pratique de focaliser sur des faits minuscules pour les rendre, par effet grossissant, Incident Majuscule.

Qu’attendons sinon pour investiguer les toilettes publiques aux fins de traquer l’imprécation homophobe ou sexiste? Autrement dit, pour détestable et punissable qu’il soit, il ne me semble pas que le «Juden» de chez Baggelstein aurait dû être immortalisé,
d’autant plus qu’il recèle un envoûtant parfum de fascination shoatique et somatique dont l’être médiatique n’est décidément pas repu.

Ayant écrit cela avec une fermeté désespérément résignée, je m’empresse d’ajouter que ces graffitis urbains ne sauraient être confondus avec les profanations immondes de la stèle en hommage à Ilan Halimi justement publiquement condamnés mais encore d’églises
dessus lesquelles tant de médias ont décidé de mettre une croix.

L’autre instrumentalisation dont l’antisémitisme est le sujet comblé est politique.

Et toute aussi malsaine. Dans la période, ce sont les gilets jaunes qui en auront fait les excessifs frais. Les gilets jaunes ne sauraient en effet être antisémites, puisqu’ils sont tout et rien à la fois.

J’ai écrit dès le premier jour dans ces colonnes que ce faux mouvement monocolore mais polymorphe et polyphonique, qui n’emportait certainement pas mon adhésion entière, faute de pouvoir l’appréhender entièrement, pouvait charrier le meilleur et le pire,
tant rien n’est plus commode que de mettre un gilet.

» LIRE AUSSI – Robert Redeker: «L’agression contre Finkielkraut illustre le nouvel antisémitisme, islamo-gauchiste»

On aura pu voir le pire samedi à Paris, lorsque des antisionistes de banlieue, de jaune vêtus, s’en sont pris violemment à Alain Finkielkraut en lui disant qu’il n’était pas la France mais qu’il devait rendre la Palestine. Caractéristique typique de l’état
d’esprit rustique de cette barbarie à visage peu urbain, le plus haineux de tous traitait haineusement le philosophe de «haineux», la bave aux lèvres déformées par la haine. Manifestement, ces antisémites-là, même jaunies, ne correspondent toujours
pas au portrait-robot de l’antisémite rêvé par la macronie et la gauche antifascistes réunies.

Manifestement, ces antisémites-là, même jaunies, ne correspondent toujours pas au portrait-robot de l’antisémite rêvé par la macronie et la gauche antifascistes réunies.

Au-delà de la médiocre manœuvre du pouvoir de vouloir faire porter le chapeau et la rouelle à l’ensemble des gilets pour les faire passer de mode, la mauvaise manière est aussi faite aux juifs désemparés. Rien n’est plus vide d’effets et creux de sens
que d’incriminer le Mal sans dire qui le commet. À ce petit jeu de dupes, on se fait plaisir pour pas cher. Pour redire ce que j’ai écrit dans le Nouveau Bréviaire de la Haine: lorsque le juif est vécu comme faible mais riche et apatride, c’est
l’ultra droite qui le méprise ; lorsqu’il est peint en nationaliste fort, c’est la gauche extrême qui lui prend le relais de la main.

Ainsi donc, c’est l’antisémite mutant qui dit au Juif: «Dis-moi comment tu es, je te dirai comment je te hais»

Quant à l’islam radical, il déteste le Juif dans tous ses états…

Le juif du réel affirmera donc, qu’en France, ici et maintenant, les yeux braqués sur le bilan sanglant, c’est l’islam radical- et lui seul – (sous l’indulgent regard d’un islamo-gauchisme redoutablement puissant des deux côtés de la Manche et de la jubilation
d’une ultra-droite résiduelle toute aussi antisioniste), qui est l’unique auteur de la totalité des attentats et assassinats meurtriers commis contre les juifs depuis la libération. Un tag d’origine inconnue et deux poivrots dans le métro n’y pourront
rien changer. Noyer le poisson, c’est tolérer le poison. Tourner autour du pot, ne pas le crier haut et fort, c’est accepter qu’il se propage. Toute condamnation générale est donc pure hypocrisie instrumentale.

Dans ce triste contexte, l’instrumentalisation politique dernière est de facture classique, pour ne pas dire ringarde. Elle émane sans surprendre de ce parti socialiste moribond qui, dans un dernier spasme, voudrait encore se persuader qu’il respire.
Dans ce cadre médical désespéré, il arrive encore à être désespérant. Il a donc formé le funèbre projet de faire défiler contre l’antisémitisme en discriminant arbitrairement les partis politiques sous l’angle antifasciste fantasmatique dont il porte
inconsolablement le deuil. Ayant donc exclu les partis bien à droite, il s’expose à faire examiner ceux qu’il a sélectionnés.

Au-delà de la médiocre manœuvre du pouvoir de vouloir faire porter le chapeau et la rouelle à l’ensemble des gilets pour les faire passer de mode, la mauvaise manière est aussi faite aux juifs désemparés.

Ainsi donc, le parti communiste français aura sans doute été retenu, dans le cadre du combat contre l’antisémitisme, pour avoir célébré dans ses mairies les terroristes assassins de juifs en Israël, à moins que ce ne soit pour cajoler dans les banlieues
françaises les islamistes antisémites. Sous ce strict critère, le parti de Monsieur Faure aurait dû inviter son parti frère dirigé à Londres par Jérémy Corbyn, qui vient de confesser que son Labour avait un problème d’antisémitisme, de venir honorer
de ses pieds le macadam parisien.

Dernière imposture testamentaire d’un parti crépusculaire.

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