Banlieues: la présence policière en pointillé fait le jeu des bandes violentes et du deal


Banlieues: la présence policière en pointillé fait le jeu des bandes violentes et du deal:

Les forces de sécurité, accaparées par les manifestations des «gilets jaunes» depuis début novembre, ont été détournées de leurs missions traditionnelles de sécurisation des quartiers.

Privez les quartiers tous les week-ends, pendant des mois, d’une large part de leurs renforts en CRS et autres unités d’intervention, et vous verrez les bandes et le deal prospérer comme jamais. Tel est le message subliminal adressé par la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, dans son interview au Figaro .

Depuis le 17 novembre dernier, jour du lancement du mouvement des «gilets jaunes», les forces de sécurité ont été accaparées par des missions de maintien de l’ordre dans les centres-villes, se détournant largement de leurs missions traditionnelles de sécurisation des quartiers, en tout cas chaque fin de semaine.

«C’est mathématique, affirme Philippe Capon, le secrétaire général de l’Unsa-Police. Le vendredi soir, les effectifs se préparent pour un samedi d’encadrement des manifestations ; le samedi, ils sont sur la brèche ; et le dimanche, ils pansent leurs plaies.» Les forces mobiles, bien sûr, n’ont pas déserté les dalles et les coursives des barres HLM, mais ces soirs-là, elles sont moins nombreuses à jouer les îlotiers là où la population est la plus menacée par la violence du quotidien. Trois soirs de présence en pointillé, donc, alors que c’est le week-end que les banlieues réclament en principe le plus d’attention.

«Relative dégradation du climat»

Encore que! Le 18 février dernier, c’est un lundi que se sont affrontés 80 jeunes furieux, lors d’un attroupement armé à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Trois jours plus tard, un jeudi, la police a dû séparer deux bandes de belligérants devant la gare de La Verrière (Yvelines). À chaque fois, les arrestations sont maigres, car la police intervient en sous-nombre. «C’est dire le week-end, quand le dispositif de sécurité est en partie amputé des agents mobilisés sur les manifestations dans la capitale…», commente un représentant d’Alliance, syndicat majoritaire de la police nationale.

Les brigades anticriminalité (BAC), d’ordinaire fers de lance de l’action contre les voyous des cités, connaissent le même sort que les CRS. «Les BAC sont désormais envoyées en première ligne contre les casseurs, à Paris comme en province», constate Philippe Capon. Dans la capitale, elles forment même, week-end après week-end, la principale composante des fameux détachements d’action rapide (DAR) chargés des interpellations à la chaîne.

«L’ambiance évolue, avec davantage d’occupations de halls d’immeubles et une économie parallèle intense»

Pour le professeur de criminologie Alain Bauer, on peut parler d’«une relative dégradation du climat» dans certains secteurs déjà réputés difficiles. Cela ne se traduit pas forcément au plan statistique d’ailleurs, les chiffres de Beauvau trahissant avant tout l’activité des services. Mais le criminologue le dit: «L’ambiance évolue, avec davantage d’occupations de halls d’immeubles et une économie parallèle intense.» L’ancien patron de la police nationale, le préfet Frédéric Péchenard, aujourd’hui bras droit de Valérie Pécresse à la région Île-de-France, renchérit: «Le dealer est un bourgeois qui n’attaque les forces de l’ordre que lorsqu’elles l’empêchent de travailler.» En clair: lorsqu’elles sont moins présentes, il impose un peu plus sa loi. Le business des cités aime le calme. Or, ces temps-ci, la presse a un peu délaissé le sujet des violences urbaines pour se consacrer davantage à la «France périphérique», au référendum d’initiative citoyenne et aux petites retraites.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castener, et son secrétaire d’État, Laurent Nuñez, n’ignorent rien de ces évolutions. Les «gilets jaunes» ont même une incidence sur la question migratoire, puisque chaque week-end désormais, selon Philippe Capon, «il manque des CRS pour les contrôles frontaliers».

L’hôte de Beauvau jongle avec toutes ces contraintes. Sans perdre de vue sa feuille de route. Ainsi, le 8 février dernier, annonçait-il une deuxième vague de «quartiers de reconquête républicaine» (QRR), au nombre de trente-deux, qui recevront entre 15 et 30 policiers ou gendarmes supplémentaires. Cela dessine-t-il une ambition?

Valérie Pécresse a jugé utile d’alerter sur ce qui se passe en banlieue. Un appel qui en évoque un autre lancé, celui-là, depuis la cour même de Beauvau, le 3 octobre dernier, par un Gérard Collomb démissionnaire et inquiet. Il parlait de ces quartiers où l’«on vit côte à côte», ajoutant «je le dis, moi je crains que demain on ne vive face à face». Son successeur, c’est bien normal, refuse de céder à la fatalité.

Violences urbaines

Zone Police, France

78 agressions contre des dépositaires de l’autorité chaque jour

2347 incendies volontaires chaque mois

80 lycées attaqués en Île-de-France en décembre 2018

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