Xi Jinping dans l’œil du cyclone


Xi Jinping dans l’œil du cyclone:

L’Assemblée nationale populaire (ANP) ouvre sa session 2019, mardi 5 mars, dans une atmosphère inquiétante pour la Chine et son président Xi Jinping. L’économie ralentit fortement sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis.

Il y a un an, Xi Jinping était au zénith. À la précédente session de l’Assemblée nationale populaire (ANP) en mars 2018, les députés ont offert au président chinois une présidence à vie et « La pensée Xi Jinping » avait été gravée dans le marbre de la Constitution, un honneur qui fait de lui l’égal du fondateur de la dynastie communiste, Mao Tsé-toung.

Douze mois plus tard, le contexte national et international n’est plus le même et la Chine, qui se targuait d’avoir retrouvé sa place au centre du monde, doit faire face à un certain nombre d’obstacles imprévus. « La conjonction des astres favorables à Xi Jinping est morte », n’hésite pas à affirmer Valérie Niquet (1), responsable du Département Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

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Le ralentissement de l’économie chinoise, la guerre commerciale avec les États-Unis, les doutes sur les « Nouvelles routes de la soie » et le contentieux mondial au sujet du géant des télécoms chinois Huawei, viennent remettre en cause la vision d’une « nouvelle ère » qu’avait voulu imprimer Xi Jinping.

Chambre d’enregistrement du régime communiste, l’Assemblée nationale populaire ne contestera pas ouvertement la ligne politique suivie par l’homme fort du régime, mais certains doutes seront habilement exprimés au cours de la session 2019. Signe des tensions
internes : le Parti communiste chinois (PCC) n’a pas réuni depuis un an son comité central, parlement censé se prononcer sur les grandes orientations du pays.

Une croissance économique chinoise en forte baisse

« Xi Jinping garde le pouvoir mais il se fait beaucoup d’ennemis à l’intérieur du système », décrypte Valérie Niquet. « Xi Jinping est sous le feu des critiques de certains membres du parti pour sa gestion économique et pour n’avoir pas su relever le défi de Donald Trump »,
analyse le sinologue hongkongais Willy Lam.

De fait, la croissance du pays est tombée l’an dernier à 6,6 %, son score le plus faible depuis 28 ans. Et le premier ministre Li Keqiang devrait annoncer des chiffres encore à la baisse pour 2019, entre 6,0 % et 6,5 %.

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Les trois quarts des 22 provinces chinoises ont d’ores et déjà réduit leur objectif d’investissement sur l’année en cours. Inquiet de l’endettement du pays, le gouvernement ne se lancera pas dans un grand programme de relance tous azimuts, comme celui
lancé il y a dix ans pour contrer la crise financière internationale.

Des entrepreneurs chinois en colère

Dans les coulisses toutefois, les députés des provinces vont exiger des mesures pour relancer l’économie qui souffre, surtout en direction des entrepreneurs privés. Ces derniers ne cessent de se plaindre des privilèges bancaires et financiers octroyés
aux grandes entreprises publiques, souvent peu rentables. Sur le plan politique, ils se plaignent également de l’obligation d’instaurer des cellules du Parti communiste dans leurs sociétés.

En dépit de la répression générale imposée à la société, la colère gronde, le chômage augmente et le pouvoir d’achat baisse. « D’un côté le gouvernement veut développer le marché mais d’un autre côté il cherche aussi à réprimer les libertés qui l’accompagnent »,
souligne à l’Agence France-Presse l’économiste Sheng Hong, de l’Institut Unirule, basé à Pékin.

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Pékin va faire le dos rond et continuer d’avancer

Les revendications des entrepreneurs chinois rejoignent un certain nombre d’exigences de l’administration Trump qui réclame notamment la fin des subventions au secteur public chinois. L’ANP devrait voter cette semaine une loi sur l’investissement étranger,
censée notamment interdire les transferts forcés de technologie, afin d’amadouer les Américains. Pas sûr que cela soit suffisant face aux accusations internationales de vol de technologie, d’espionnage et d’inégalité de traitements des sociétés étrangères
en Chine. La Chambre de commerce européenne à Pékin ne cesse de se plaindre depuis des années des obstacles à la libre concurrence en Chine, les entreprises chinoises étant systématiquement favorisées.

Face à l’adversité nationale et internationale ambiante, le régime semble certes affaibli mais il est très loin de s’effondrer. Pékin va faire le dos rond, prendre quelques mesures ponctuelles en faveur des sociétés américaines pour arracher un accord
commercial avec Donald Trump, et… continuera d’avancer.

Dorian Malovic

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