«Gilets jaunes»: le pouvoir encore une fois sous pression


«Gilets jaunes»: le pouvoir encore une fois sous pression:

Mis en cause pour ne pas avoir su éviter les violences, le président promet des «décisions fortes». Après avoir admis des «dysfonctionnements», Édouard Philippe présentera ce lundi de nouvelles propositions à Emmanuel Macron.

Bis repetita. Comme après l’attaque de l’Arc de triomphe le 1er décembre, l’exécutif se retrouve sur la sellette. À l’époque, le chef de l’État avait assuré, d’un ton martial, qu’il «n’accepterait jamais la violence». Il avait pointé «ces coupables» qui «trahissent les causes qu’ils prétendent servir» et «ne veulent aucune amélioration». Sauf que, plusieurs semaines après, Paris est à nouveau le théâtre de saccages, d’incendies et d’affrontements dont les images ont fait le tour du monde. «Ce qu’il s’est passé aujourd’hui sur les Champs-Élysées, ça ne s’appelle plus une manifestation, a déclaré samedi soir Emmanuel Macron, depuis le centre de gestion de crise du ministère de l’Intérieur. Ce sont des gens qui veulent détruire la République, au risque de tuer. Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices de cela.» La même rhétorique a ressurgi, comme un terrible aveu d’impuissance.

Devant les caméras, le président de la République a promis «dans les meilleurs délais» des «décisions fortes». Mais lesquelles? Examinée par le Conseil constitutionnel, après le recours déposé par le président de la République, la loi anticasseurs n’est pas encore promulguée. Il faut donc attendre encore quelques semaines pour les décrets d’application. «Si cela avait été le cas, on aurait pu bloquer chez eux, un certain nombre de black blocs déjà identifiés», regrette un conseiller gouvernemental.

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«Tirer les leçons»

Les prochaines mesures concoctées par le gouvernement ne seront pas d’ordre législatives, souffle-t-on dans l’exécutif. Certains conseillers gouvernementaux anticipent une remise à plat de la préfecture de police, chargée de l’ordre public. D’autres pensent que les consignes données par la Chancellerie aux procureurs vont être plus fermes, notamment à l’égard des «gilets jaunes» qui bravent les institutions dans leurs messages sur les réseaux sociaux.

«On a bien vu ce week-end que les manifestants n’étaient pas des boy-scouts»

D’ores et déjà, une réunion de travail s’est tenue dimanche à Matignon autour du premier ministre, Édouard Philippe, et des ministres de l’Intérieur, Christophe Castaner, et de son secrétaire d’État, Laurent Nuñez. «Nous sommes dans une phase d’analyse de ce qui s’est passé, pour tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui n’a pas marché, car tout n’a pas bien marché», concède un conseiller à Matignon. Il a été constaté «des dysfonctionnements». Le premier ministre présentera ainsi ses propositions à Emmanuel Macron ce lundi à 11h30.

Au-delà de la réponse sécuritaire, le gouvernement va aussi devoir contrer les assauts de l’opposition, qui n’a pas tardé à réagir. Entre ceux qui dénoncent le choix du président d’être allé au ski à la veille d’une journée de manifestations (le socialiste Olivier Faure) et ceux qui laissent entendre que le pouvoir joue délibérément le pourrissement du mouvement des «gilets jaunes» (le député LR Éric Ciotti), Emmanuel Macron se retrouve au centre de plusieurs polémiques. Des critiques qui hérissent, au gouvernement. «On a bien vu ce week-end que les manifestants n’étaient pas des boy-scouts, souligne, exaspéré un proche du premier ministre, Édouard Philippe. Où sont ceux qui nous traitaient de liberticides au moment des discussions parlementaires sur la loi anticasseurs?»

«Emmanuel Macron a fait ce qui était de son niveau: réunir une cellule interministérielle de crise avec les patrons des différents services»

Le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini s’est emporté, de son côté, contre ceux qui ont vandalisé la stèle dédiée au capitaine de police Xavier Jugelé et qui s’en sont pris «à la mémoire d’un homme tombé pour la France et nos valeurs». Symboliquement, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est allé fleurir la stèle profanée. Pour la majorité, ce week-end restera comme un coup dur alors que l’exécutif avait réussi à reprendre l’initiative grâce au grand débat et se félicitait de voir le mouvement des «gilets jaunes» perdre de sa vigueur. Samedi soir, Place Beauvau, le chef de l’État semblait remonté devant les ministres et les responsables sécuritaires. «Il a clairement dit que ce n’était pas possible qu’on soit à nouveau confronté à ces problèmes», rapporte un témoin. «Dès qu’il est rentré à Paris, Emmanuel Macron a fait ce qui était de son niveau: réunir une cellule interministérielle de crise avec les patrons des différents services, rappelle-t-on à l’Élysée. Ce n’est pas le président qui positionne les forces de l’ordre, à tel ou tel endroit de Paris, pendant l’action.»

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