La France confrontée à une explosion du trafic de drogue


La France confrontée à une explosion du trafic de drogue:

Les statistiques du ministère de la Justice montrent que la part des infractions en lien avec les stupéfiants ne cesse de croître.

Sur le terrain, policiers, magistrats, journalistes, habitants des quartiers gangrenés le constatent depuis des années: le trafic de drogue explose. Un constat que confirment de façon spectaculaire les statistiques du ministère de la Justice, que Le Figaro a pu consulter. Au-delà de la sécheresse des statistiques, ces chiffres dévoilent une riposte judiciaire de plus en plus musclée mais aussi des cités dévastées. Et expliquent pourquoi Emmanuel Macron a fait d’un futur plan de lutte contre la drogue l’une de ses priorités.

Sur le total annuel des condamnations pour crimes et délits, l’explosion des «stups» s’illustre d’abord par la progression de la part des infractions en lien avec les stupéfiants. Les chiffres disponibles concernent la période 2012-2017 ; les données pour 2018 ne seront pas connues avant plusieurs mois. En 2017, la progression était de 21 % (128 559 pour un total de 610 737 condamnations) contre 15 % en 2012 (voir le graphique ci-contre). En France, la drogue entre donc en ligne de compte pour près d’une condamnation pour crimes et délits sur cinq.

Et le constat, reposant sur le recensement des infractions liées aux stupéfiants ayant fait l’objet d’une condamnation inscrite au casier judiciaire national, est plus accablant encore. Dans un effet de miroir, la riposte de l’État souligne l’existence d’une criminalité de plus en plus florissante. Année après année, tous les indicateurs progressent, ceux des condamnations pour trafic comme ceux de toutes les autres infractions qui touchent les stupéfiants.

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Toutes catégories confondues, les condamnations sont passées de 94 492 en 2012 à 128.559 en 2017, soit une hausse de 36 %. En matière de condamnations pour trafic de stupéfiants, la hausse est de 26 %. Elle est de 25 % pour les condamnations pour usage de stupéfiants et de 57 % pour les condamnations pour conduite d’un véhicule en ayant consommé de la drogue ou homicide et blessures involontaires par le conducteur d’un véhicule ayant fait usage de stupéfiants. Cette dernière progression s’explique bien sûr par l’amélioration du dépistage de la consommation de drogue et de la généralisation des contrôles après la loi du 3 février 2003 «relative à la conduite sous l’influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants».

La drogue gangrène de plus en plus les autres crimes et délits

Enfin, la dernière catégorie retenue par la justice est particulièrement préoccupante car elle souligne que la drogue gangrène de plus en plus les autres crimes et délits. Sous l’appellation «Autre», les statistiques recensent essentiellement les infractions de droit commun (violence, viol, agression sexuelle, etc.) aggravées par le fait que l’auteur a agi sous l’emprise manifeste de produits stupéfiants. De 2012 à 2017, ces condamnations progressent de plus de 51 % (passant de 6470 à 9818). Petit à petit, la «came» poursuit donc son travail de sape et de pourrissement.

Si l’on prend le critère de l’emprisonnement en 2017, les statistiques montrent que la justice, si elle peut être dépassée par le phénomène comme d’ailleurs les services de police et de gendarmerie, est loin d’être laxiste.

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Conséquence des procédures simplifiées, l’emprisonnement reste certes rare pour les infractions routières sous l’emprise de stupéfiants (34 % des condamnations totales sont assorties d’une peine de prison et 12 % de prison ferme) ou en matière d’usage de stupéfiants (11 % des condamnations et 5 % de prison ferme).

Mais tout change pour le trafic de stupéfiants. Sur les 37.679 condamnations prononcées en cette matière en 2017, 85 % étaient assorties d’une peine de prison et 49 % d’une peine de prison ferme. Le quantum moyen de l’emprisonnement ferme était de 14 mois. Au total, en un an, ce ne sont pas moins de 21 679 années de prison ferme qui ont été prononcées en matière de trafic de stupéfiants. Soit plus de 59 ans de prison ferme «distribués» chaque jour par les tribunaux français… Sans vraiment calmer l’ardeur des trafiquants.

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