La peur d’une récession hante de nouveau les marchés


La peur d’une récession hante de nouveau les marchés:

Les signaux de ralentissement de l’économie mondiale se multiplient et freinent la progression des indices.

Après une année 2018 décevante, les marchés d’actions avaient débuté 2019 en fanfare. L’indice CAC 40 était parvenu à atteindre les 5445 points le 19 mars dernier, portant son avance à 17 % depuis le 1er janvier. Au cours de ces dernières semaines, l’enthousiasme est nettement retombé et les boursiers sont revenus à plus de prudence. De mornes séances en timides rebonds et en rechutes, les valeurs françaises ne cessent de perdre du terrain. La belle mécanique s’est enrayée et le CAC 40 a dû batailler ferme pour se maintenir au-dessus des 5300 points.

Un signal technique très surveillé par les professionnels des marchés est venu gâcher la fête. La courbe des taux américains s’est inversée, un phénomène considéré par bon nombre d’analystes comme le signe avant-coureur d’une récession. Depuis une semaine, les taux à très court terme (3 mois) ont en effet dépassé ceux à 10 ans. Une situation inédite depuis 2007, soit au tout début de la crise financière, qui en dit long sur la confiance des investisseurs dans la solidité de la croissance américaine.

Habituellement, il est en effet plus cher d’emprunter à long terme qu’à court terme: en toute logique, un investisseur qui bloque des sommes pendant une longue période exige une rémunération supérieure à celle obtenue à plus brève échéance. Sauf qu’aujourd’hui, aux États-Unis, c’est exactement l’inverse qui se passe. Cette situation résulte d’une lente dégringolade des taux longs qui est le signe du peu de confiance que les marchés accordent aux perspectives de croissance de l’économie américaine.

L’inversion de la courbe des taux est d’ailleurs apparue après que Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), inquiet pour la solidité de la croissance américaine a annoncé une pause dans le cycle de hausse des taux américains.

Des nuages s’accumulent

De fait, «après quarante trimestres de croissance d’affilée, les marchés financiers voient les nuages s’accumuler sur l’économie américaine», constate Didier Rabattu, directeur des gestions actions chez Lombard Odier IM. L’immobilier, qui fut à l’origine de la dernière dépression, commence à montrer de sérieux signes de faiblesse: les ventes de maisons neuves ont chuté de presque 7 % en janvier et les mises en chantier de logements sont en repli de près de 10 % sur un an. Le commerce mondial cale et les créations d’emplois ont dégringolé de façon très inattendue au mois de février. Le Brexit mine aussi très largement le moral des investisseurs et pèse sur les prévisions.

La Fed de New York estime ainsi que l’économie américaine a une chance sur quatre d’entrer en récession dès l’an prochain.

La probabilité d’une récession ne cesse de gagner du terrain. La Fed de New York estime ainsi que l’économie américaine a une chance sur quatre d’entrer en récession dès l’an prochain. «L’inquiétude est d’autant plus vive que les autorités sont loin d’avoir reconstitué les armes monétaires et budgétaires dont elles disposaient pour faire face à la précédente crise», explique Didier Rabattu.

Le pessimisme est toutefois loin d’être général. Pour les spécialistes de Pictet ou de La Banque postale AM, «le pire est loin d’être certain». Selon ces derniers, «les cycles ne meurent pas de vieillesse» et le signal donné par la courbe des taux américains «est à prendre avec des pincettes». Un avis partagé par les gérants de Groupama. Dans une récente note, ces derniers constataient qu’en 2016 le marché avait déjà anticipé un retournement du cycle qui ne s’était finalement pas produit. Ceux qui s’étaient détournés des marchés d’actions avaient loupé une belle progression. «Bien sûr, le marché a prévu 100 % des récessions mais il en a prévu aussi bien plus qu’il n’y en a eu», constatent-ils.

La baisse des taux est d’ailleurs le plus souvent favorable aux marchés d’actions. D’autant que le cash généré par les entreprises n’a pratiquement jamais été aussi élevé. Cette année, selon les calculs de Facset, les entreprises du CAC 40 devraient verser près de 51 milliards d’euros à leurs actionnaires, soit 9,7 % de plus qu’en 2018. Un solide argument pour les investisseurs qui recherchent désespérément du rendement. Pour certains secteurs structurellement emprunteurs, comme l’immobilier coté, la baisse du loyer de l’argent est une véritable aubaine.

Dorval AM va plus loin estimant qu’«après quinze mois de ralentissement mondial[…], le creux du cycle industriel mondial devrait être assez proche. Si ce scénario se réalise, les marchés des actions les plus cycliques se redresseront nettement, au détriment des valeurs défensives». Les investisseurs l’ont bien compris. Au sein du CAC 40 parmi les plus fortes hautes hausses de la semaine figurent des valeurs cycliques, comme Capgemini, Saint-Gobain, Schneider Electric, TechnipFMC, Safran, Airbus ou Renault.

Pour Dorval, plus encore que l’Europe ou les États-Unis, si l’économie repart, le Japon, «qui est devenu de loin le moins cher de tous les marchés développés», serait alors à jouer en priorité. Dans cette hypothèse, Didier Rabattu chez Lombard Odier IM préfère les marchés émergents qui ont particulièrement souffert l’an dernier et devraient profiter du dynamisme retrouvé de la Chine.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/183816203079

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :