Le Figaro Premium – Comment les services secrets français «chassent


Le Figaro Premium – Comment les services secrets français «chassent:

La DGSE et ses homologues du premier cercle du renseignement rivalisent d’initiatives pour recruter les meilleurs spécialistes.

Jeune espion, lève-toi! L’invitation n’est pas formulée aussi abruptement mais l’intention est bien celle-là. Lorsque la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) parraine un concours de cryptographie – la science des codes secrets -, ce «service» a en tête le grand défi du recrutement de ses agents. C’était le cas lors de la finale du concours Alkindi, du nom d’un savant arabe auteur au IXe siècle du premier livre connu sur les techniques visant à «casser» les codes secrets.

Mardi dernier, 67 collégiens et lycéens, venus de toute la France, étaient réunis à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm finalistes pour plancher sur des exercices relevant de l’art difficile, mais éminemment ludique, de déchiffrer les messages codés, le b. a.-ba de tout service de renseignement. Il s’agit d’un véritable succès puisqu’au total quelque 60 000 jeunes de la 4e à la seconde ont participé cette année, contre 18 000 lors de la première édition en 2016.

Parmi les cinq meilleures équipes, deux d’entre elles appartenaient au lycée franco-allemand de Buc (Yvelines). Bien sûr, «nous n’allons pas vous recruter tout de suite, vous devez d’abord poursuivre vos études», leur a dit, non sans humour, le directeur général de la DGSE, Bernard Emié. Mais, «vous avez fait un premier pas important», a-t-il ajouté en espérant qu’un concours de cette nature «suscite des vocations».

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Le contexte sécuritaire, particulièrement après les attentats de 2015, et les efforts consentis au renseignement dans la loi de programmation militaire (LPM 2019-2025) contraignent les «services» à sortir de l’ombre et à rivaliser d’initiatives pour gagner la bataille des ressources humaines.

«La sécurité économique devient prioritaire»

La DGSE, dont les effectifs se montent à 6 800 personnes actuellement, dont le fameux «Service action», devrait compter 7 500 agents en 2025. Cela représente de 600 à 700 recrutements par an, prenant en compte les départs (retraites, mobilités, démissions) et les créations de poste, dont une majorité dans les métiers du numérique, la sécurité des données étant devenue, avec leur traitement, un impératif catégorique.

Face à cette exigence de recrutement, un autre «service», la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), l’un des plus discrets des six organismes du premier cercle de la communauté du renseignement (DGSE, DRSD, DRM, DGSI, DNRED et Tracfin), a ouvert pour la première fois aux journalistes son siège du fort de Vanves. «Nous voulons recruter et pour cela être davantage connu», explique le directeur de la DRSD, le général Éric Bucquet. Pour ce «marsouin» passé par la DGSE, les ressources humaines constituent, avec le cyber, le principal chantier sur la voie de la modernisation.

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Seul «service» relevant uniquement de la ministre des armées, la DRSD a pour mission la contre-ingérence dans le domaine de la défense. Il doit «renseigner pour protéger» (sa devise) à la fois les forces armées et les entreprises de défense: sécurité du personnel, des informations, du matériel et des installations sensibles. C’est par exemple ce service qui effectue les procédures d’habilitation permettant aux personnels de la défense d’accéder aux documents classifiés. «La sécurité économique devient prioritaire», explique-t-on à la DRSD.

Vaste chantier puisque le service a dans son périmètre 600 sites industriels et militaires, 4 000 entreprises représentant 250 000 emplois et effectue 400 000 enquêtes d’habilitation par an – un niveau record, qui progresse chaque année. Ces missions, désormais «strictement encadrées», insiste-t-on au fort de Vanves, imposent à la DRSD d’étoffer ses rangs en attirant les meilleurs spécialistes: analystes, ingénieurs en systèmes d’information, spécialistes cyber, développeurs. De 1 400 agents cette année (dont 26 % de civils), la DRSD devrait passer à près de 1 700 en 2025 et recruter pour cela 300 personnes par an.

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 01/06/2019.

Source: premium.lefigaro.fr

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