Le projet de « mini-BOTS » fait bondir le taux d’emprunt italien


Le projet de « mini-BOTS » fait bondir le taux d’emprunt italien:

Le projet de « monnaie parallèle » refait surface en Italie. Le parlement italien a voté à l’unanimité une motion visant à accélérer 
l’émission de « Mini-BOTS »
. Il s’agit de mini-bons du Trésor ( »Buoni Ordinaro del Tresorio »), des sortes de reconnaissances de dette émises par l’Etat pour solder ses arriérés auprès de ses créanciers et fournisseurs. Cette idée a déjà été brandie il y a un an, lorsque la coalition populiste est arrivée au pouvoir à Rome. 

Relations avec la Commission

«Le principe des mini-BOTS, promus par la Ligue, est de titriser des créances fiscales, en petites coupures, » détaille Eric Dor, professeur à l’IESEG. Pour lui, ce projet risque de tendre encore les relations de l’Italie avec la Commission et la Banque centrale européenne.  

Le dossier mini-BOTS revient sur le devant de la scène alors qu’un nouveau bras de fer se dessine entre Rome et Bruxelles. La semaine prochaine, la Commission européenne doit présenter ses recommandations. La 
perspective de sanctions contre l’Italie
est désormais hautement probable, au vu des prévisions de déficit et d’endettement du pays. A la clef : une pénalité allant jusqu’à 0,2 % du PIB italien, soit 3,5 milliards d’euros.

Dans ce contexte, l’émission de mini-BOTS serait une déclaration de guerre. Car pour beaucoup d’analystes, ces bons viendraient alourdir l’endettement italien. 

Coûts d’emprunt supérieurs à la Grèce

« Mon scénario de crise pour l’Italie, que je considérais initialement comme un cas extrême peu plausible, gagne quelque peu en probabilité alors que le gouvernement défie la Commission. Espérons toutefois que la raison prédomine et que la zone euro échappe à un tel choc », s’inquiète Eric Dor sur Twitter.

Les investisseurs sont aussi de plus en plus méfiants : le taux d’emprunt à 5 ans italien bondit de 8 points de base à 1,75% ce vendredi. Signe que la situation se gâte, ce coût est désormais supérieur à celui de la Grèce, dont le taux à 5 ans s’élève à 1,69% (-10 points de base).

Une situation qui a d’ailleurs fait réagir le conseiller économique de Matteo Salvini. Interrogé par Bloomberg TV, celui-ci accuse les banques centrales de laisser les emprunts d’Etat « évoluer au gré des spéculations, au jour le jour ». « Une solution doit être trouvée. L’Italie n’est pas la Grèce », s’étrangle Claudio Borghi. « La Grèce doit des dizaines de milliards d’euros à l’Italie, qui a participé à son plan de sauvetage ».

Joute sur Twitter

Au lendemain des élections européennes, le même conseiller s’en est déjà pris à la BCE, l’exhortant notamment à élargir son programme d’achats d’actifs de manière à développer les infrastructures. Ses remarques ont donné lieu à une joute sur Twitter : plusieurs économistes (français notamment) ont rappelé à Claudio Borghi que la banque centrale le faisait déjà en achetant des obligations émises par la Banque européenne d’investissements (BEI).

Les marchés ont toutes les raisons de rester sur leurs gardes dans les prochaines semaines et mois. «Même s’il ne devait pas y avoir de nouvelles élections en Italie, le budget 2020 et les revues des agences de notation devraient alimenter l’incertitude », affirme l’équipe d’Unicredit.

Source: Les Echos

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