La pollution va-t-elle tous nous tuer ?


La pollution va-t-elle tous nous tuer ?:

La qualité de l’air est devenue une vaste inquiétude relayée au niveau mondial. L’OMS parlait dernièrement d’«impact dévastateur». Y a-t-il des raisons d’espérer?

Londres, le vendredi 5 décembre 1952. Il fait froid et un anticyclone s’est installé sur la capitale britannique. Pas de vent. Le Great Smog dont l’usage du charbon est la principale cause s’installe. Il va durer cinq jours avant qu’une brise salutaire libère Londres de son brouillard délétère. Les rapports médicaux qui tombent dans les semaines qui suivent sont dramatiques: 4000 personnes mortes des suites directes du smog et près de 100.000 personnes malades. Great Smog est le pire épisode de pollution atmosphérique de l’histoire du Royaume-Uni. Il a entraîné la signature en 1956 d’une des premières lois environnementales européennes, le Clean Air Act (loi pour nettoyer l’air). Elle a imposé dans le pays pionnier de la révolution industrielle des réformes drastiques pour purifier l’air. C’était il y a à peine 65 ans.

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Depuis, l’atmosphère des villes occidentales n’a fait que s’assainir. En France, les derniers chiffres sont même plutôt positifs. Dans la région la plus sensible à la pollution atmosphérique, l’Ile-de-France, les mesures révèlent une pollution de l’air en net recul une bonne partie de l’année, selon AirParif.

Pour les automobiles et les poids lourds, pas moins de neuf plans ont été imposés depuis 1992, soit une évolution tous les cinq ans

Pourtant, c’est bien l’impression inverse qui transparaît. Pourquoi? D’abord parce que nous sommes mieux informés. Les pics de pollution sont signalés, commentés, analysés et… souvent dramatisés. Ensuite parce que les normes se sont durcies. Au fur et à mesure des connaissances sur la nocivité des polluants, l’Union européenne a révisé ses normes. Pour les automobiles et les poids lourds, pas moins de neuf plans ont été imposés depuis 1992, soit une évolution tous les cinq ans.

Enfin, parce que la qualité de l’air est devenue une vaste inquiétude relayée au niveau mondial. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parlait dernièrement d’«impact dévastateur» évoquant plusieurs millions de nouveaux cas d’asthme chez les enfants. Globalement, c’est effrayant. Mais quand on se penche en détail sur les études, on constate que l’impact de pollution de l’air est surtout spectaculaire dans certaines régions du monde. Les villes indiennes, du Pakistan, chinoises, du Bangladesh ou du Nigeria monopolisent la tête des agglomérations les plus polluées. Une seule ville de l’Union européenne apparaît dans les cent plus polluées du monde, Pernik, à 30 km de Sofia en Bulgarie.

Une analyse a révélé que des parcs de zone urbaine sont, à certaines heures, plus pollués que des quartiers près des périphériques !

En Europe, beaucoup de municipalités et de régions ont pris la mesure de ce problème de santé publique. Les plus intelligentes agissent concrètement pour améliorer la situation dans des poches de pollution plutôt que de brasser du vent en polémiques généralistes et discours alarmistes. La pollution ne se répartit pas de manière uniforme, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Une analyse a révélé que des parcs de zone urbaine sont, à certaines heures, plus pollués que des quartiers près des périphériques! Quant à l’air du métro parisien, les particules fines y sont jusqu’à trente fois plus présentes qu’en surface! La RATP en a conscience et a lancé avec Suez le projet Ip’Air, des systèmes de captation des particules fines dans les stations.

Pollution 2 à 5 fois plus élevée dans les appartements

N’allant pas dans le sens du vent, des spécialistes rappellent que c’est dans les appartements et les maisons qu’il faut chercher les polluants les plus néfastes à la santé, et pas seulement à la sortie des pots d’échappement des voitures. La pollution y serait 2 à 5 fois plus élevée qu’à l’extérieur, selon l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine. Or un citadin passe 80 % de son temps chez lui ou dans des bâtiments de bureau… Et pas dans la rue.

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