Le ministère de l’Intérieur s’explique après les bugs sur le référendum ADP


Le ministère de l’Intérieur s’explique après les bugs sur le référendum ADP:

Serveur mal paramétré, site vieillissant, contraintes juridiques… Face aux critiques, les organisateurs de cette pétition inédite plaident la bonne foi.

Difficulté à s’identifier pour valider le formulaire, bugs sur les listes électorales, indisponibilité du service de vérification… Les partisans du référendum d’initiative partagée (RIP) censé pouvoir empêcher la privatisation d’Aéroports de Paris
se sont réveillés ce jeudi 13 juin avec un site de recueil de signatures clairement dysfonctionnel. L’accumulation de bugs est telle que certains opposants ont ouvertement soupçonné le
gouvernement de vouloir freiner la mobilisation anti-privatisation.

À l’occasion d’une conférence de presse programmée ce jeudi, le ministère de l’Intérieur, qui a la responsabilité sous le contrôle du Conseil constitutionnel de recueillir les quelques 4,7 millions de paraphes requis, a toutefois plaidé la bonne foi
face à ces difficultés de mise en route.

“L’enseignement, c’est que ça marche”, positive-t-on du côté de la Place Beauvau où l’on insiste sur le caractère inédit de cette pétition officielle, qui découle de cette première application historique du référendum d’initiative partagée.

Problème de serveur et système vieillissant

Face aux difficultés de connexion de nombreux internautes qui s’en sont plaints sur les réseaux sociaux, les équipes du ministère reconnaissent “qu’un des serveurs avait un problème de paramétrage ce qui a compliqué l’accès”. Un correctif a été apporté
à 9h et depuis le site doit répondre correctement.

Concernant les problèmes d’identification, le ministère assure qu’il n’y a aucun dysfonctionnement, mais précise que le dispositif nécessite d’être particulièrement rigoureux. De fait, la moindre erreur de majuscule, d’accentuation ou de typographie
peut justifier que le système ne parvienne pas à vous identifier sur les listes électorales ou entrave la validation de votre participation.

L’ancien dircom du Parti socialiste et spécialiste du digital, Valerio Motta, a listé sur son compte Twitter toutes les astuces pour contourner les règles sourcilleuses de cette pétition en ligne. 

“Le formulaire est très sensible à l’exactitude absolue de l’orthographe et de la typo, tirets et accents compris des noms de communes. Et les codes mentionnés ne sont pas les codes postaux, mais les codes INSEE, à peu près inconnus du grand public”,
détaille-t-il, ce que confirment les organisateurs.

S’agissant des critiques (unanimes) sur le manque de lisibilité du site dédié, jugé confus, voire obscur pour les pétitionnaires, le ministère rappelle que ce site a été conçu en 2014-2015, d’où cette ergonomie particulièrement vieillotte.

Le recours à un langage administratif particulièrement abscons est par ailleurs assumé par les organisateurs. “C’est ce qu’on maîtrise le mieux”, plaide-t-on au ministère qui rappelle que ses équipes se doivent de respecter le cadre juridique fixé
par la loi. À titre d’exemple, le mot pétition n’apparaît jamais sur la page d’enregistrement, le vocable officiel parlant de “soutien à une proposition de loi référendaire”.

Incompréhensible? Pour les organisateurs, tout effort de vulgarisation pourrait remettre en cause l’incontestabilité du processus. Le ministère promet toutefois qu’un tutoriel (aujourd’hui indisponible) sera rapidement mis à disposition des pétitionnaires.
Elle devrait éviter les écueils du langage administratif privilégié jusqu’ici.

Frustration sur la transparence du processus

Autre source de frustration pour les signataires de la pétition ADP, l’absence de compteur des participants et le manque de transparence sur l’évolution globale du processus. Sur ce point, les organisateurs bottent en touche, rappelant que la loi
organique fixant le cadre du RIP ne prévoyait pas de compteur. Aucun chiffre officiel n’a été fourni ce jeudi, même si les organisateurs reconnaissent une activité soutenue sur le site. Alors qu’un chiffre de 100.000 signataires circulait
sous le manteau, le ministère de l’Intérieur assure que seul le Conseil constitutionnel, qui fait office de contrôleur de l’opération, a les chiffres à sa disposition.

“D’ici cinq jours”, les noms des déposants apparaîtront toutefois sur le site. Les organisateurs ont toutefois promis de communiquer “régulièrement” sur le nombre de signatures valablement déposées sur le site. Un premier décompte est attendu
au plus tard au mois de juillet, sous l’égide du Conseil constitutionnel. 

Suffisant? Nul doute que les parlementaires à l’origine de ce premier référendum d’initiative partagée ne manqueront pas d’interpeller le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner à ce sujet. Une rencontre est programmée ce jeudi.

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