Le tabou Marion Maréchal au Rassemblement national


Le tabou Marion Maréchal au Rassemblement national:

Marine Le Pen a annoncé, en marge d’un bureau politique, lundi, qu’elle rencontrerait l’ex-députée du Vaucluse pour «mieux se coordonner». Le RN, qui s’estime en position de force, n’entend pas se faire disputer son pré carré…

«Tout ça, c’est archi-off. Surtout ne me citez pas.» Depuis plusieurs semaines, la simple mention de Marion Maréchal suffit à prostrer les cadres du Rassemblement national dans une prudente réserve. La succession de cartes postales distillée par l’ex-députée
du Vaucluse, toujours retirée de la vie politique, intrigue. Autant qu’elle interpelle. Depuis l’Issep, son institut d’études politiques à Lyon, la jeune retraitée s’est évertuée, avec une régularité de métronome, à se rappeler chaque mois au bon
souvenir de son camp comme des Français.

En janvier, en livrant son analyse du mouvement des «gilets jaunes», depuis la prestigieuse université britannique d’Oxford. En février, en égratignant Emmanuel Macron, «devenu totalement illégitime», dans un très politique billet glissé en tête de la
newsletter de son établissement. En mars, en listant, dans l’hebdomadaireThe Economist ,
les différences idéologiques la séparant de sa tante. En avril, en détaillant sa vision de l’Europe – un mois avant les européennes – dans une interview-fleuve accordée à Valeurs actuelles .
Avant de donner, une semaine après le scrutin, son interprétation des résultats sur le plateau de LCI et d’appeler à «un compromis patriotique» entre Les Républicains et le Rassemblement national.

Un terrain miné

Autant de petits cailloux qui commencent furieusement à dessiner une trajectoire. «C’est assez déroutant, on ne voit pas où elle veut aller. Pour l’instant, son seul message c’est “ne m’oubliez pas”. D’accord, mais pour quoi faire?», s’impatiente un membre
du bureau politique qui admet avoir mal digéré l’absence de soutien de la trentenaire à la liste RN lors des européennes.

Une situation que les lieutenants de Marine Le Pen s’interdisent de commenter, même en interne, tant le terrain paraît miné: «C’est comme lors de l’affrontement entre Jean-Marie et Marine Le Pen en 2015, gare à celui qui se risquerait à s’immiscer, lâche
un parlementaire. C’est une histoire de famille, il n’y a que des coups à prendre.» Une sage posture, expliquant le peu de voix prêtes à s’aventurer hors de l’anonymat. Sinon pour ânonner la traditionnelle réponse opposée par Marine Le Pen lorsque
la question du devenir politique de sa nièce lui est posée: «Vous prêtez à Marion toute une série d’ambitions cachées, de non-dits. Moi, je pense qu’elle est sincère. Si elle souhaite faire quelque chose, elle le dira. Si elle ne le dit pas, je suis
désolée, je lui accorde le bénéfice de la bonne foi et de l’honnêteté», assurait-elle encore début juin sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV. Une réponse dont son parti à de plus en plus de mal à se contenter, alors qu’en coulisse
les grandes manœuvres autour de Marion Maréchal s’accélèrent.

«Bellamy occupe le terrain idéologique et Bardella le terrain psychologique. Marion s’est cornerisée à se dire conservatrice»

Un dirigeant du parti

Le dîner, fin juin, d’une quinzaine d’élus LR autour de la jeune retraitée politique, révélé par Le Figaro
, a conduit plusieurs cadres à s’inquiéter des conséquences de cette initiative sur leur propre stratégie de séduction d’élus comme d’électeurs venant du parti Les Républicains. D’autres en viennent à défendre une déclaration de candidature anticipée
de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022, «histoire de chasser toute ambiguïté».

Comme pour calmer ses troupes, la présidente du RN a annoncé, selon nos informations, au détour d’un bureau politique, lundi, qu’elle rencontrerait prochainement Marion Maréchal pour «mieux se coordonner» à l’avenir. Un entretien qui s’annonce d’une certaine
âpreté. Regonflé par sa victoire aux européennes, le RN s’estime en position de force et n’entend pas se faire disputer son pré carré. «Bellamy occupe le terrain idéologique et Bardella le terrain psychologique. Marion s’est cornerisée à se dire conservatrice.
Son courant représente au mieux 8,5 %, au pire 4,5 %, comme de Villiers, tance un dirigeant du parti. Le problème, c’est qu’elle n’est plus nécessaire. Elle a laissé les gens se passer d’elle. Qu’elle prenne garde: son espèce de clignotant
“je reviens, je reviens pas” commence à agacer.» Et ça ne fait que commencer.

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