Comment les géants du Net chinois portent les ambitions technologiques de la Chine


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Comment les géants du Net chinois portent les ambitions technologiques de la Chine:

Evoluant dans l’ombre des GAFA, les Baidu, Alibaba et autres Tencent échappent souvent au radar des Européens. Ils pourraient pourtant devenir tout aussi redoutables

« Napoléon a dit un jour que la Chine était “un lion endormi”, et que “le jour où elle s’éveillera, le monde tremblera”. En réalité, le lion chinois s’est réveillé, mais ce que le monde voit, c’est un lion paisible, gentil et civilisé.» C’est en ces termes
que Xi Jinping évoquait son pays en mars 2014. Cinq ans plus tard, la perception de la Chine a bien évolué, en particulier en Occident où elle est de plus en plus considérée comme une menace, notamment sur le plan économique et militaire. Si l’affaire Huawei a mis en évidence le potentiel technologique chinois et les risques qu’il pouvait représenter, les géants chinois de la nouvelle économie sont restés plutôt discrets en dehors du territoire national comparé à l’emprise
des GAFA sur le monde, à l’exception notable de la Chine.

Google, Facebook et d’autres ont rêvé – et rêvent encore pour certains d’entre eux – d’être des acteurs majeurs sur le marché chinois, mais Pékin en a décidé autrement car il a rapidement vu dans Internet un danger pour la stabilité du régime. Pour éviter
la diffusion d’informations non filtrées, les autorités ont progressivement fermé la porte aux grands acteurs étrangers malgré la décision de Google de lancer, en 2006, une version censurée de son moteur de recherche. Elles encouragent la création
et le développement de champions locaux plus faciles à contrôler. Et elles comprennent aussi qu’il est aussi important de s’assurer que le développement de l’économie numérique profite d’abord à des entreprises chinoises.

Avec plus de 800 millions d’internautes, l’émergence de Baidu, équivalent de Google, d’Alibaba, concurrent d’Amazon, de Tencent, à la fois Facebook local et plateforme de jeux en ligne, et de plus d’une centaine d’autres sociétés a dopé l’activité nationale.
L’économie numérique représente désormais un tiers du PIB chinois. En l’espace d’une petite quinzaine d’années, Pékin est parvenu à ses fins sur son territoire en s’assurant le contrôle social et économique d’Internet. Pour résumer une étude publiée,
la semaine dernière, par Oracle, la Chine a réussi à mettre sur pied un gigantesque Intranet connecté au réseau mondial par un très petit nombre de portes. Cela lui permet d’entrevoir avec une certaine sérénité le développement de son propre réseau
sans avoir à dépendre des services occidentaux. La « grande muraille numérique » apparaît de plus en plus efficace et cette réalité
permet aux Chinois de regarder vers l’extérieur à la fois pour gagner des parts de marché et pour étendre leur influence mondiale.

Dix secteurs. Dans le cadre du Plan national numérique (2016-2020), les entreprises chinoises du secteur ont été encouragées à s’exporter et à participer à la création d’une Route de la soie numérique. Projet
prioritaire pour le gouvernement, l’initiative « une ceinture, une route » (BRI) ne s’intéresse pas uniquement aux infrastructures routières, portuaires ou ferroviaires.
Elle vise aussi à favoriser une interconnexion numérique grâce à laquelle la Chine pourra également promouvoir ses normes et ses standards. L’Etat a donc soutenu les différentes stratégies des grands acteurs locaux comme la cotation d’Alibaba à Wall
Street ou le rachat du finlandais Supercell, spécialiste du jeu vidéo, par Tencent. S’appuyant sur une politique d’expérimentation qui lui a plutôt bien réussi jusque-là – « tâtez les pierres en traversant la rivière » comme disait Deng Xiaoping,
le père des réformes et de l’ouverture –, les autorités chinoises misent sur « le développement d’abord, la régulation ensuite » afin de créer les conditions les plus conformes à leurs ambitions.

L’Asie est la première priorité des entreprises chinoises en raison de son énorme potentiel et de la proximité culturelle. Alibaba, Tencent sont très actifs en Asie du Sud-Est, investissant massivement dans l’économie numérique locale pour soutenir des
sociétés locales. Alibaba y taille aussi des croupières à Amazon ou Microsoft dans le secteur du cloud, ce qui lui permet de combler son retard au niveau international dans un domaine hautement stratégique. Car ces grands acteurs de l’économie numérique
chinoise participent de plus en plus activement à la réalisation des ambitions gouvernementales sur le plan des technologies de pointe. Bien décidé à devenir une « grande puissance technologique », le gouvernement a élaboré son programme Made in China 2025 qui vise à faire du pays un leader dans dix secteurs comme la robotique ou l’intelligence artificielle (IA). Aux premières loges, Baidu, Alibaba et Tencent ont investi dans 53 % des 190 entreprises
chinoises spécialisées dans l’IA. Le lion chinois pourrait bientôt rugir et être encore plus redoutable que les GAFA.

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