Les nuages noirs s’amoncellent sur l’économie allemande


Les nuages noirs s’amoncellent sur l’économie allemande:

Le ralentissement touche plusieurs secteurs industriels outre-Rhin.

Quand la conjoncture se retourne, les intérimaires sont souvent les premiers à s’en apercevoir. Par rapport à la moyenne de 2018, les entreprises de travail temporaire en Allemagne emploient actuellement environ 7,5 % de personnes en moins. Sebastian
Lazay, représentant de la branche, pointe deux facteurs pour expliquer cette évolution: «les incertitudes pesant sur les carnets de commandes» et, paradoxalement, «le manque de main-d’œuvre induit par l’évolution démographique». Alors que le secteur
des services se porte bien, le recul est notable dans l’industrie.

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Le doute s’est emparé de ce secteur capital pour les exportations, principal moteur de la conjoncture allemande. L’automobile,
la métallurgie, la fabrication de machines sont touchées par ce ralentissement, détaille l’institut Ifo dans une étude publiée vendredi dernier. L’indicateur d’anticipations des exportations est au plus bas depuis début 2014. Les annonces de plans
sociaux dans de grands groupes (BASF, ThyssenKrupp, Siemens) ont commencé à fleurir dans les pages économie des journaux. Dans la région de Stuttgart, bastion de la construction automobile, la moitié des entreprises de la métallurgie prévoit des réductions
de coûts.

Critiques du patronat

«Le risque de récession est entre-temps assez élevé»

L’économiste en chef de l’assureur Allianz, Katharina Untermöhl

«Ce n’est plus un trou d’air mais une phase de faible conjoncture qui dure», analyse l’économiste en chef de l’assureur Allianz, Katharina Untermöhl, citée par l’agence DPA. «Au regard des perspectives modérées du commerce mondial, de l’industrie automobile
et des incertitudes autour du commerce, de l’Italie et du Brexit, il faut tabler, au mieux, sur une mini-croissance au deuxième semestre 2019. Le risque de récession est entre-temps assez élevé», précise-t-elle. Pour l’ensemble de 2019, les prévisions
de croissance du PIB en Allemagne tournent autour de 0,6 %-0,7 %, après 1,5 % en 2018.

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Certains experts craignent que la morosité dans l’industrie crée une réaction en chaîne. Le baromètre de l’institut IAB, centre de recherche de l’agence fédérale pour l’emploi, est tombé à son plus bas niveau depuis l’été 2013. «Avec le ralentissement
actuel de la conjoncture, l’agence pour l’emploi s’attend à un vent de face plus marqué», analyse Enzo Weber, chef des prévisions de l’institut IAB, centre de recherche de l’Agence fédérale pour l’emploi. Même si le marché est, malgré tout, toujours
dans le vert.

«Quand la crise est là, chaque semaine compte»

Le chef du patronat allemand, Ingo Kramer

Les fédérations d’entrepreneurs critiquent depuis quelques mois l’incapacité de la coalition droite-gauche à enrayer le ralentissement. L’accumulation des mauvaises nouvelles pousse le chef du patronat allemand, Ingo Kramer, à faire du pied au gouvernement
d’Angela Merkel. «Il est nécessaire de créer le cadre légal dès maintenant pour que le ministre de l’Économie puisse réagir avec l’instrument du chômage partiel élargi qui a fait ses preuves. Quand la crise est là, chaque semaine compte», a-t-il expliqué
au quotidien économique Handelsblatt. Le dispositif public, permettant une prise en charge partielle des salaires par l’assurance-chômage, avait aidé l’industrie allemande à traverser la dernière crise de 2009 à 2012.

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«L’Allemagne s’est reposée depuis trop longtemps sur la BCE, tout en critiquant la politique de faibles taux d’intérêt. Il est urgent que l’Allemagne combatte le ralentissement économique avec une politique financière expansive», conseille Marcel Fratzscher,
directeur de l’institut de recherche économique DIW. Il estime que l’économie allemande a besoin d’une impulsion sur le marché intérieur pour mieux maîtriser les risques mondiaux.

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 30/07/2019.
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