Chine: ils ont vécu l’enfer des camps de «rééducation» du Xinjiang


Chine: ils ont vécu l’enfer des camps de «rééducation» du Xinjiang:

Des témoins racontent le sort que les autorités de Pékin réservent aux musulmans chinois.

Envoyé spécial à Almaty (Kazakhstan)

Jarkenbeck Otan a le regard distant et amer des traumatisés, de ceux qui ont été victimes d’une grande injustice et n’ont jamais obtenu réparation. Toute joie de vivre semble s’être éteinte chez ce cuisinier de 32 ans, qui ne parvient pas à chasser de
sa mémoire les coups reçus, les mois d’enfermement sous surveillance permanente, les séances de lavage de cerveau idéologique, le harcèlement constant pour le contraindre à renoncer à son identité culturelle et religieuse. Il entend encore résonner
le verdict orwellien de l’officier de police qui allait le priver de liberté sans autre justification: «Il y a quelque chose qui ne va pas dans ta tête, nous devons te transformer.» Cet homme autrefois sociable n’a plus envie de voir personne et se
dit «tout le temps épuisé». Encore aujourd’hui, alors qu’il a trouvé refuge au Kazakhstan, il a peur que des agents chinois viennent l’arrêter.

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Comme lui, jusqu’à 1,5 million de musulmans – principalement des Ouïgours et des Kazakhs – ont été envoyés dans des camps de «rééducation» depuis début 2017, selon les estimations du chercheur allemand Adrian Zenz. Les récits de la demi-douzaine
d’anciens détenus rencontrés par Le Figaro offrent un éclairage glaçant sur les méthodes employées par le régime communiste chinois pour «reformater» ses minorités musulmanes dans le Xinjiang, au nom de la lutte contre le «terrorisme» et «l’extrémisme».

La vie jusque-là paisible de Jarkenbeck Otan, un membre de l’ethnie kazakhe natif de la province chinoise du Xinjiang, a basculé début 2017. Installé depuis huit ans au Kazakhstan, il se rend à cette époque à l’ambassade de Chine de la ville d’Almaty,
la capitale économique du pays, pour renouveler son passeport chinois. On lui apprend qu’il doit se rendre dans l’empire du Milieu pour effectuer les démarches nécessaires. Il est arrêté le 27 janvier, juste après avoir traversé la frontière,
à Khorgos. «Quatre agents de police m’attendaient, ils m’ont mis des menottes aux mains, des chaînes aux chevilles, et ils m’ont conduit dans une sorte de prison non officielle, où je suis resté pendant une semaine», raconte ce trentenaire au petit
gabarit, dans un café discret du centre d’Almaty, en compagnie de son jeune fils – dont il a été privé pendant près de deux ans – et de sa femme.

«Pourquoi utilises-tu Whats­App ? Tu es un espion au service du Kazakhstan ? Tu t’es rendu aux États-Unis, en Turquie ou dans des pays arabes ?»

Questions posées par des agents chinois à Jarkenbeck Otan

La découverte d’une application de messagerie étrangère dans son téléphone portable déchaîne la fureur des policiers, se souvient-il. «Pourquoi utilises-tu WhatsApp? Tu es un espion au service du Kazakhstan? Tu t’es rendu aux États-Unis, en Turquie ou
dans des pays arabes?», le harcèlent les agents, qui lui envoient à plusieurs reprises des décharges dans le dos avec une matraque électrique.

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Au bout d’une semaine, il est transféré au poste de police du comté de Zhaosu, dont il est originaire. «Ils m’ont attaché à une colonne avec des menottes et m’ont laissé là toute la nuit, sans même me donner à manger», souligne le rescapé. Le lendemain,
on le prévient qu’il va être interrogé par le chef du poste de police. «Il m’a tellement frappé avec un bâton que j’ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, au sous-sol, j’avais les mains attachées», affirme-t-il, et son nez, qui avait été
cassé saignait. Les questions ont recommencé: «As-tu de la famille au Kazakhstan? Est-ce que tu fais la prière?» C’est à ce moment-là qu’un policier a asséné à cet homme de confession musulmane que ses pensées allaient être remodelées dans un centre.

L’implacable rééducation démarrait tôt : les détenus assistaient au lever du drapeau en entonnant l’hymne national et devaient chanter des chants communistes, la main sur le cœur

Ce père de famille a été transporté de nuit vers son camp de rééducation, avec une cagoule sur la tête. Mais il a eu le temps ensuite, pendant ses 7 mois de détention, de prendre la mesure du lieu, qu’il partageait avec environ 700 codétenus, surveillés
par des gardiens armés et de nombreuses caméras. «C’était un grand bâtiment de plusieurs étages près des montagnes, entouré de hauts murs surmontés par des fils barbelés. Quand je suis arrivé, on m’a rasé la tête et fait enfiler un uniforme bleu»,
détaille l’infortuné Kazakh.

Il partageait une chambre avec 14 autres personnes, qu’il ne connaissait pas, et avec lesquelles il lui était interdit de communiquer. La nuit, la lumière devait rester allumée, puis l’implacable rééducation démarrait tôt: les détenus assistaient au lever
du drapeau en entonnant l’hymne national et devaient chanter des chants communistes, la main sur le cœur. Le reste de la matinée et l’après-midi étaient consacrés à l’étude du mandarin, de l’histoire chinoise et de l’idéologie communiste, dans un
climat répressif. La répétition des slogans constituait une torture mentale. «Je m’oppose au séparatisme, au terrorisme et à l’extrémisme», devait déclarer Jarkenbeck Otan en boucle.

Ceux qui ne savaient pas répondre aux questions des enseignants étaient enfermés pendant trois heures dans une pièce obscure, les mains menottées, explique l’ex-prisonnier. Il dit avoir subi cette punition une fois, car il ne se rappelait plus le contenu
d’un discours du président Xi Jinping. Un jour, alors qu’il avait entendu des cris, il a aperçu un jeune homme que l’on frappait dans une cellule avec une matraque électrique. Libéré en août 2017, Jarkenbeck Otan a été placé en résidence surveillée
jusqu’en novembre 2018, avant de pouvoir rejoindre le Kazakhstan.

«C’était comme l’enfer»

Orynbek Kokserbek, qui semble miné par la colère, a subi un châtiment encore plus sévère pour sa résistance supposée. «On m’a forcé à apprendre trois chansons communistes pendant un mois et demi, mais j’avais beaucoup de mal, car je ne comprenais pas
la langue», témoigne cet homme râblé de 39 ans, resté enfermé cinq mois. «Un agent m’a répondu: “On va faire en sorte que tu comprennes”.» On l’a fait descendre dans un trou d’environ 1,3 mètre, par un froid terrible en plein mois de décembre,
où on lui a demandé de lever les bras. «Ils m’ont aspergé d’eau glacée et j’ai perdu connaissance», relate-t-il, au bord des larmes. Avant d’être dirigé vers le camp, il avait été lui aussi interrogé dans une prison non officielle, pendant une semaine,
sur une chaise dont il ne pouvait pas bouger pendant la journée, les mains et les pieds attachés. «C’était comme l’enfer», se rappelle celui qui détenait pourtant déjà la citoyenneté kazakhe.

«Un jour, ils ont mis le feu dans une cour du camp à des corans et à des tapis de prière qu’ils avaient confisqués à la population. Ils nous ont réunis et nous ont forcés à regarder»

Jarkenbeck Otan

Encore sous le choc de ses 23 jours d’internement, Amanzhan Seituly, un commerçant de 43 ans, n’a pas oublié les heures passées à essayer d’ingérer des pages de jargon communiste. Ni la scénographie ubuesque des cours. «À l’intérieur de la salle
de classe, deux policiers armés et le professeur étaient retranchés derrière une grille en métal. Il fallait recopier des caractères écrits au tableau, mais parfois ils étaient cachés par la grille», décrit-il. Personne n’osait faire le moindre mouvement.

L’objectif ultime semblait être de pousser les détenus à abandonner leurs croyances et leurs traditions. Jarkenbeck Otan assure avoir dû promettre par écrit de cesser toute pratique de l’islam à sa sortie du centre. Il lui fallait renoncer à aller à la
mosquée, à faire ses prières, à jeûner pendant le ramadan, et à établir une distinction entre ce qui est «halal» et ce qui ne l’est pas.

«Un jour, ils ont mis le feu dans une cour du camp à des corans et à des tapis de prière qu’ils avaient confisqués à la population. Ils nous ont réunis et nous ont forcés à regarder», confie-t-il, écœuré. Amanzhan Seituly a, lui, dû apprendre une liste
de 126 formules critiquant la religion, qualifiée notamment «d’opium du peuple».

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Tous les anciens détenus rencontrés ont souligné la pauvreté des repas, à base de soupe de riz et de pain, mais sans viande. Ce menu était toutefois enrichi lorsque des leaders du Parti communiste chinois (PCC) étaient en visite, se remémore Jarkenbeck
Otan. C’est arrivé quatre fois pendant son séjour forcé. «Ces jours-là, on nous servait du riz pilaf», un plat traditionnel contenant de la viande.

«On assiste à un effort systématique et prémédité pour effacer la culture et l’identité des Ouïgours et d’autres minorités musulmanes»

James Leibold, professeur à l’université de La Trobe, en Australie

Les premiers camps de «rééducation» sont apparus fin 2014, dans le cadre de campagnes de «déradicalisation», mais c’est à partir du printemps 2017 que le nombre d’internements s’est accru, selon Adrian Zenz. Échaudées par une vague d’attaques meurtrières
à partir de 2009 – attribuées par Pékin à des Ouïgours – les autorités ont considérablement renforcé en 2016 le dispositif sécuritaire au Xinjiang. Elles y mènent depuis quelques années une politique d’assimilation forcée, selon plusieurs experts.
On assiste à «un effort systématique et prémédité pour effacer la culture et l’identité des Ouïgours et d’autres minorités musulmanes», insiste James Leibold, professeur à l’université de La Trobe, en Australie, qui dénonce un «génocide culturel»
mené par le régime communiste dans cette province.

«Le Parti a décidé qu’il y avait quelque chose d’inhérent aux Ouïgours et à d’autres ethnies musulmanes qui empêche leur intégration à la culture chinoise dominante des Hans» et constitue un «frein à la modernité», complète Michael Clarke, professeur
à l’université nationale australienne. D’où la nécessité de les «rééduquer», pour les «siniser», poursuit ce spécialiste, qui y voit une stratégie de long terme du PCC pour contrôler le Xinjiang.

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Goulzira Auïelkhan, 40 ans, a été victime de ce programme: elle a été privée de liberté pendant près d’un an et demi, passant notamment par trois camps de rééducation. Peu après son arrivée en Chine, des agents de la sécurité d’État lui ont demandé pourquoi
elle vivait au Kazakhstan alors qu’elle était née au Xinjiang. «Ils m’ont dit que le Kazakhstan faisait partie d’une liste de pays dangereux, et que mes pensées avaient pu être contaminées là-bas par des émissions religieuses à la télévision.» Elle
a été marquée par les séances d’autocritique: debout devant la classe, il lui a fallu affirmer qu’elle n’avait pas de religion. Mais aussi qu’elle n’avait «pas eu de bonnes relations» avec les Hans (plus de 90 % de la population chinoise), et
qu’elle avait fait «l’erreur» de ne pas partager de repas avec eux. Elle assure par ailleurs que les détenues qui passaient plus de deux minutes aux toilettes étaient punies par des décharges de matraque électrique.

Travail forcé

Une semaine après sa libération, la police l’a appelée pour qu’elle intègre une usine de fabrication de vêtements dans le comté de Yining. «Je n’ai pas eu le choix: on m’a dit que si je refusais, je serais renvoyée dans un camp.» Sur 3000 ouvrières, elle
a retrouvé 35  femmes qui étaient passées par les mêmes camps qu’elle, «mais il y avait aussi d’autres anciennes détenues». Elle travaillait de 8 heures à 19 heures, et devait parfois faire des heures supplémentaires ou prendre
des cours de chinois le soir. Les travailleuses forcées logeaient dans un dortoir et étaient tous les jours transportées en bus jusqu’à l’usine, à quelques kilomètres.

«Les patrons nous ont dit que ces vêtements partaient vers des pays étrangers, comme les États-Unis ou les Émirats arabes unis ; et qu’il fallait bien travailler», sous peine de retourner dans un centre, relate Goulzira Auïelkhan. Au début, on leur
a promis de les payer 600 yuans par mois (77 euros), alors que le salaire mensuel minimum au Xinjiang oscille entre 820 et 1460 yuans, selon les chiffres officiels. «Mais ils ont changé les règles du jeu, et je n’ai touché que 220 yuans pour
2 mois de travail», explique-t-elle, soit 28 euros. L’établissement a brusquement fermé en décembre dernier et Goulzira Auïelkhan a été autorisée à rentrer au Kazakhstan, où elle a retrouvé sa petite fille.

«Au début, je pensais que maman reviendrait bientôt, car c’est ce qu’elle nous avait dit. Mais nous n’avons plus eu de nouvelles pendant deux mois, avant d’apprendre qu’elle avait été envoyée dans un camp»

Dinara

Privées de toute information, les familles des détenus ont également vécu un cauchemar. «Au début, je pensais que maman reviendrait bientôt, car c’est ce qu’elle nous avait dit. Mais nous n’avons plus eu de nouvelles pendant deux mois, avant d’apprendre,
en février 2018 par une connaissance au Xinjiang, qu’elle avait été envoyée dans un camp», se remémore Dinara, 17 ans, en partageant du thé et du pain dans la maison familiale aux sols recouverts de tapis, à Abay, un village rural situé à trois
heures de route d’Almaty.

Sa mère, une paysanne de 43 ans coiffée d’un foulard coloré, s’était rendue en octobre 2017 dans le comté de Tekes, au Xinjiang, pour rendre visite à sa famille. Alors qu’elle avait été convoquée par les autorités du village pour un contrôle médical,
on l’a ensuite conduite, menottée et encagoulée, dans un lieu secret pour l’interroger. «Ils m’ont demandé s’il y avait un Dieu et si je priais. J’ai répondu que non, mais ils m’ont dit qu’il y avait un problème avec mes idées, que je devais recevoir
une éducation», rapporte cette femme simple, à la santé éprouvée, qui préfère ne pas donner son nom.

Danara, elle, a dû s’occuper quasiment seule de son frère de 11 ans, pendant plus d’un an. Son père partait pendant de longues périodes faire paître des chevaux dans les steppes, puis il est tombé malade, et il ne s’est rétabli qu’au retour de sa femme.

La douleur des familles

Tursynbeck Kabi, qui vit lui aussi dans un village éloigné d’Almaty, à Karabulak, ne pardonne pas à la Chine de l’avoir longtemps séparé de sa femme et de leurs trois enfants. «J’ai perdu un an et demi de ma vie alors que je n’étais accusé de rien. Ma
famille aussi a souffert, mentalement, mais aussi financièrement, car c’est moi qui nourrissais le foyer.» Il était retourné en septembre 2017 dans le comté d’Emin, au Xinjiang pour assister aux funérailles de son frère. Une fois sur place, les
autorités lui ont confisqué son passeport, l’ont interrogé sept jours dans une prison non officielle, puis lui ont interdit de quitter son village pendant 16 mois, avant de finalement le laisser rentrer au Kazakhstan, en février dernier.

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Le récit de sa mésaventure offre un aperçu des mesures de surveillance déployées dans les villages du Xinjiang, où tout musulman est un suspect potentiel. Chaque lundi matin, tous les habitants, même les plus âgés, devaient assister à la cérémonie de
lever du drapeau national devant le bâtiment administratif du village, les bras le long du corps et sans couvre-chef. Ensuite, ils avaient droit à une cession idéologique et à un rappel des interdits. «Chaque famille devait se débarrasser du Coran,
des livres écrits en arabe, et des tapis de prière ; et nous n’étions pas autorisés à pratiquer des funérailles islamiques», détaille Tursynbeck Kabi. «On ne pouvait pas non plus employer des mots arabes, comme Salam alaykum pour se saluer, et
il était aussi interdit de se réunir à plus de deux ou trois, faute de quoi on recevait un avertissement, puis on risquait d’être envoyé dans un camp.»

«Ils nous obligeaient même à démonter des serrures aux décorations jugées trop arabes»

Tursynbeck Kabi, ouvrier dans le bâtiment

La police inspectait les maisons pour y retirer le moindre symbole islamique. «Ils nous obligeaient même à démonter des serrures aux décorations jugées trop arabes», poursuit cet ouvrier dans le bâtiment. Les villageois ont été contraints de se rendre
au cimetière pour retirer les croissants de lune des tombes, et effacer les versets en arabe ou des inscriptions peintes, comme «Bismillah» (au nom d’Allah). Chaque famille n’avait le droit qu’à un seul objet tranchant, identifié par un code-barres.
«Il n’y a pas la moindre liberté, vous êtes surveillé partout», par les policiers et les caméras, résume-t-il.

Le gouvernement local s’en est aussi pris aux lieux de culte au Xinjiang: des dizaines de sanctuaires et de mosquées ont subi d’importants dommages depuis 2016, certaines ayant été rasées ou presque complètement détruites, selon des clichés satellites.
«Lorsque je suis arrivé, la mosquée du village avait déjà fermé. Ils l’ont démolie en mai 2018, j’ai vu la pelleteuse à cette période, mais on n’avait pas le droit de s’approcher. C’est ensuite devenu un terrain en grande partie couvert d’herbe»,
ajoute Tursynbeck Kabi, qui précise que l’imam a été envoyé en prison et que la plupart des personnes qui fréquentaient la mosquée avant sa fermeture ont fini dans des camps.

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La pression était constante pour forcer les musulmans à adopter le mode de vie des Hans. Pendant le ramadan, «personne ne jeûnait», contrairement à ce que cet homme avait observé cinq ans plus tôt. Les musulmans étaient en revanche obligés de célébrer
la «fête du printemps», chère aux Chinois. La veille du Nouvel An lunaire chinois, «toutes les familles de minorités ethniques devaient se rendre dans une famille de Hans, les aider à préparer le repas et manger avec eux. Si vous refusiez de boire
de l’alcool, vous pouviez être suspecté, alors tout le monde s’est mis à en consommer», se désole-t-il. Il y avait aussi ces séquences surréalistes, trois fois par mois, lorsque les villageois devaient sillonner les rues, équipés de casques, de gilets
pare-balles et de bâtons. «Il fallait se préparer à une attaque de l’ennemi, mais nous ne savions pas où il était», glisse ce Kazakh, avec un sourire affligé.

Tursynbeck Kabi ne cache pas son ressentiment contre le régime communiste. «Ils nous ont traités comme des chiens, ils ont bafoué nos droits!», s’emporte celui dont la belle-mère, passée par un camp, est toujours en liberté surveillée dans le Xinjiang.

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