ADP : l’essoufflement des oppositions rassure l’exécutif


ADP : l’essoufflement des oppositions rassure l’exécutif:

Après un démarrage en trombe, le nombre de signatures pour un référendum sur la privatisation des aéroports de Paris stagne. L’Élysée tient cependant à respecter le processus.

Certains l’espéraient. D’autres le redoutaient. Finalement, le tourbillon de l’été ne sera jamais arrivé. Alors que la loi Pacte – qui prévoit la très controversée privatisation des Aéroports de Paris (ADP) – a été définitivement adoptée par le Parlement
en avril dernier, les opposants à la réforme entendaient profiter de la pause estivale pour lui porter le coup de grâce. Après une entente inédite entre la droite et la gauche, qui ont uni leurs forces pour lancer le premier référendum d’initiative
partagée (RIP) de la Ve République, la balle était dans le camp des Français.

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Comme le prévoit la Constitution, si 10 % du corps électoral (soit 4.717.396 personnes) se rassemblent d’ici au 13 mars 2020, la procédure pourra alors se poursuivre. Et peut-être même aboutir à un référendum pour ou contre la privatisation
d’ADP, si le Parlement vote en ce sens. Problème: après un démarrage en trombe, qui a porté le nombre de signatures à 597.000 selon le dernier décompte du Conseil constitutionnel, le compteur s’essouffle. Le rythme de la mobilisation a été divisé
par deux en un mois, et la perspective d’atteindre le seuil requis s’éloigne à mesure que les jours défilent.

Période d’accalmie

Au sein de l’exécutif, ce ralentissement est scruté de très près. Et il est plutôt de nature à rassurer les troupes. Malgré les menaces de l’opposition, qui assure vouloir donner un «coup de collier à la rentrée», les proches du chef de l’État n’y croient
plus beaucoup. Soucieux de se montrer respectueux des institutions, la plupart des conseillers élyséens se refusent à tout commentaire tant que la procédure ne sera pas allée à son terme. «Nous sommes respectueux de la démocratie», lâche l’un d’entre
eux, laconique.

«C’est très simple: pendant la période de récolte des signatures, nous ne ferons rien et nous n’engagerons rien concernant ADP», abonde un conseiller gouvernemental. Une attitude qui, en substance, pourrait se résumer ainsi: reculer pour mieux sauter.
Car en misant sur l’échec du processus, l’exécutif pourra faire d’une pierre deux coups au printemps prochain. Et ressusciter son traditionnel «en même temps»: avoir entendu les oppositions d’une part, et appliquer la réforme d’autre part.

En interne, la macronie reste persuadée du bien-fondé de la privatisation d’ADP. «La seule question qui se pose, c’est: “Quel doit être le rôle de l’État dans l’économie?” Est-ce qu’il faut prévenir l’avenir ou gérer le présent? Nous, nous sommes persuadés
que c’est la première option qui est la bonne», indique un transfuge de droite rallié au chef de l’État. Un autre abonde et souligne que «la loi Pacte a été votée en bonne et due forme» et que «le gouvernement a même retenu certains amendements communistes».
«Il n’y a donc pas de raison que nous remettions en cause aujourd’hui ce que nous avons défendu hier», ajoute-t-on de même source.

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Pas question, toutefois, de crier victoire trop rapidement. Car si la mobilisation contre le texte connaît une période d’accalmie, la mobilisation toujours présente des «gilets jaunes» a prouvé que les braises de la révolte étaient encore chaudes. Et
qu’un incendie pouvait se déclarer à n’importe quel moment. «Le moindre petit événement peut mettre le feu aux poudres et provoquer une nouvelle mobilisation dans le pays. Or qui dit “mobilisation” dit “risque”», redoute-t-on dans les couloirs de
Bercy. Manière d’inviter les membres du gouvernement à se montrer plutôt discrets sur le texte dans les prochaines semaines. Et à ne surtout pas provoquer l’opposition.

De leur côté, Emmanuel Macron et Édouard Philippe continuent à peaufiner leur positionnement sur cette question. Car, en avril dernier, le président de la République et le premier ministre se sont prononcés en faveur d’un assouplissement des conditions
d’application du RIP, dont la conception par Nicolas Sarkozy en 2008 est jugée trop stricte aujourd’hui. Soucieux de montrer qu’il a entendu la crise de représentativité qui s’est exprimée sur les ronds-points ces derniers mois, le chef de l’État
aura donc à cœur de profiter de la séquence ADP pour en faire un exemple. Sans se renier pour autant. Le retour du «en même temps».

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2M1wYR2

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