C. canimorsus, la bactérie responsable d’amputations


C. canimorsus, la bactérie responsable d’amputations:

À la une de l’actualité à chaque fois qu’elle est responsable d’infections mortelles, cette bactérie est présente dans la salive des chiens et des chats. 

Par Anne Jeanblanc

Une Américaine a récemment vécu un véritable cauchemar ! Plongée dans un coma artificiel à son arrivée à l’hôpital, la quinquagénaire a découvert à son réveil qu’elle avait été amputée des mains et des pieds. Le responsable a vite été identifié : l’un de ses chiens, ou plus exactement la bactérie Capnocytophaga canimorsus présente dans sa salive. Ce n’est pas la première victime
de cette bactérie animale. Des patients sont même décédés à la suite d’une telle infection. Faut-il pour autant développer une phobie et éviter systématiquement de se faire lécher par son animal de compagnie ? Heureusement, non… sauf en cas de
plaie.

Anne Gougeon, professeure de microbiologie à l’université de Rennes-1 et praticienne hospitalière au CHU de Rennes, dresse la fiche d’identité de C. canimorsus : c’est une
bactérie animale, plus exactement un bacille (en raison de sa forme allongée, en bâtonnet) à Gram – car elle ne prend par la coloration de Gram, une technique utilisée pour classifier ce type de microbes. Elle pousse préférentiellement en atmosphère
anaérobie, donc en l’absence d’oxygène. Elle est présente notamment dans la salive des chiens (et des chats), qui eux ne développent pas de maladie pour autant. En revanche, ils peuvent la transmettre à l’homme à l’occasion du léchage d’une plaie
ou d’une morsure.

Une infection qui peut conduire à des amputations

« Parmi les facteurs prédisposant, on trouve en premier les personnes ayant un système immunitaire défaillant, en raison d’une maladie, d’un traitement ou de l’ablation de la rate, ainsi que les diabétiques et les alcooliques », précise Anne
Gougeon. « Mais on sait maintenant que des patients immunocompétents peuvent aussi être contaminés, même si c’est plus rare. » L’infection est grave, car elle entraîne des troubles de la coagulation du sang, induisant principalement des
manifestations hémorragiques, ainsi qu’un sepsis généralisé. Il peut aussi y avoir des nécroses cellulaires et une insuffisance rénale aiguë. D’où les amputations,
voire le décès.

Mais le pire n’est jamais sûr parce que l’infection commence souvent sous la forme d’un syndrome grippal, avec de la fièvre. Dans le cas d’une morsure ou d’un contact avec un chien ou un chat, les médecins ont tendance à prescrire un antibiotique à large
spectre d’action qui est très efficace contre C. canimorsus. Le malade guérit donc… sans savoir qu’il a couru un grave danger. Malheureusement, chez les personnes immunodéprimées, le mal progresse très vite. Et si le diagnostic est porté
une fois les troubles de la coagulation du sang enclenchés, les dégâts peuvent être irréversibles. Il est parfois indispensable de pratiquer des amputations des membres, pour tenter de limiter la propagation de l’infection aux organes vitaux. Ce qui
ne suffit pas toujours. C’est ainsi que trois patients sont décédés en France entre février 2017 et avril 2018, selon un article paru dans une revue française. D’où la nécessité
de consulter rapidement quand on est l’heureux propriétaire d’un animal trop affectueux ou la victime de la morsure d’un compagnon à 4 pattes irascible.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2H419D7

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