L’opacité des autorités russes attise les peurs après l’explosion d’un engin nucléaire


L’opacité des autorités russes attise les peurs après l’explosion d’un engin nucléaire:

L’accident, survenu le 8 août sur une base militaire du Grand Nord, implique probablement un des nouveaux missiles balistiques nucléaires vantés par Vladimir Poutine en mars dernier.

À Moscou

La situation est de plus en plus confuse autour du test raté d’un engin nucléaire militaire le 8 août, à proximité d’Arkhanguelsk, dans le nord de la Russie. Mardi, les habitants de Nyonoksa, le village à proximité immédiate du centre d’essais de
la flotte militaire, ont été «invités» par les autorités à évacuer la zone mercredi entre 5 et 7 heures du matin «en raison d’une opération planifiée», rapporte l’agence d’État RIA Novosti. L’évacuation n’est pas de nature à rassurer les habitants
des villes de Severodvinsk (190.000 habitants, à 30 km de Nyonoksa) et d’Arkhanguelsk (350.000 habitants, à 60 km). Les médias locaux ont signalé une ruée des habitants dans les pharmacies pour acheter des comprimés d’iode, dont les stocks
se sont rapidement épuisés.

» LIRE AUSSI – Mystère autour de l’explosion nucléaire dans une base militaire russe

Ce mouvement d’inquiétude n’est pas sans rapport avec les dysfonctionnements persistants de la communication autour du nucléaire. L’armée russe a admis le jour même de l’incident qu’une explosion s’était produite près de Nyonoksa. Mais sans évoquer la
fuite radioactive. Peu après, les autorités de Severodvinsk informaient d’un bref pic de radioactivité anormale mesuré à 11 h 50 locales. L’information a ensuite disparu du site Internet de la mairie. Sur ordre du ministère de la Défense,
d’après le site d’information rbc.ru.

« La tragédie s’est produite durant une tâche liée à l’ingénierie et au support technique de sources d’énergie isotopiques dans un système à combustible liquide»

Rosatom

Ce n’est que le 10 août que Rosatom a reconnu la nature radioactive de l’incident et révélé les décès dans ses rangs. Entre-temps, de nombreux internautes russes avaient vu les images d’ambulances transportant six blessés évacués vers Moscou. Des
ambulances soigneusement calfeutrées autour desquelles s’affairaient des hommes en combinaison intégrale.

Depuis, les experts s’efforcent de déchiffrer ce qui se cache derrière le jargon utilisé par Rosatom pour décrire l’incident: «La tragédie s’est produite durant une tâche liée à l’ingénierie et au support technique de sources d’énergie isotopiques dans
un système à combustible liquide.»En clair, il s’agirait d’une des nouvelles armes à propulsion et à charge nucléaire, annoncées par Vladimir Poutine le 1er mars 2018. Les renseignements américains penchent pour le Bourevestnik, un missile de croisière sol-sol se déplaçant à une vitesse subsonique. Ou bien pour le drone sous-marin Poseidon, destiné à équiper la marine russe. Ou
encore pour le Skif, un projet de missile balistique basé sur les fonds marins.

L’explosion de Nyonoksa rallonge la liste des soucis nucléaires de la Russie depuis le début de l’été. Quatorze sous-mariniers ont péri le 1er juillet dans l’accident du sous-marin nucléaire AS-31 dans la mer de Barents.
Le 10 juillet, des scientifiques norvégiens découvraient dans la même mer un niveau de radiation 100.000 fois supérieur à la normale près du sous-marin soviétique Komsomolsk, échoué il y a trente ans. L’annonce de la construction d’une rocade
traversant une décharge radioactive en plein Moscou fait des vagues, tout comme la nouvelle centrale nucléaire flottante de Rosatom, qui doit appareiller bientôt pour l’Arctique.

Le 1er août, les chercheurs de 32 pays ont confirmé que le nuage de ruthénium 106 qui s’est répandu sur l’Europe à l’automne 2017 venait de l’usine de retraitement de déchets nucléaires Mayak dans l’Oural. Rosatom a toujours nié et continue de nier cette fuite en dépit de la convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire signée par les membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont la Russie fait partie.

«Le penchant atavique de la Russie pour le secret joue à nouveau contre elle, avec ce mystérieux incident d’Arkhanguelsk, constate Dmitri Trenine, directeur du Centre Carnegie de Moscou. En l’absence d’explication officielle faisant autorité, la spéculation
ne connaît pas de limite. C’est une politique d’information autodestructrice.»

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2TCCMS8

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