La Chine, grande gagnante du duel fratricide entre Airbus et Boeing


La Chine, grande gagnante du duel fratricide entre Airbus et Boeing:

DÉCRYPTAGE – Tandis que les deux avionneurs s’épuisent dans un combat sans fin, Pékin a donné confié à son constructeur national, Comac, la mission de faire exploser le duopole mondial.

L’interminable bras de fer entre les États-Unis et l’Union européenne autour des subventions aéronautiques n’a fait que deux gagnants. Les avocats des deux camps, qui ont engrangé des millions de dollars d’honoraires depuis 2004. Et la Chine, qui regarde,
incrédule et amusée, Airbus et Boeing s’épuiser dans un duel fratricide. Pékin a tout intérêt à ce que la guerre soit totale entre les deux avionneurs occidentaux. Ils ne peuvent que s’affaiblir en se privant d’un accès réciproque à leur marché intérieur.
Cette guerre donnerait naissance à deux monopoles régionaux.

» LIRE AUSSI – Aéronautique: Pékin veut tous les attributs d’une superpuissance mondiale

Un rêve pour Pékin, qui a donné instruction à son constructeur, Comac, de faire exploser le duopole mondial sur les avions de ligne. Devenue une superpuissance, la Chine veut en avoir tous les attributs.
Membre du club restreint des nations spatiales, elle a maîtrisé l’atome civil en développant sa filière nucléaire et a dompté la grande vitesse ferroviaire en construisant ses propres TGV. Dans l’armement, elle a bâti une industrie sophistiquée. Il
est logique que les Chinois veuillent sortir de leur statut de sous-traitant aéronautique.

Avions à prix cassés

Les ambitions chinoises se sont concrétisées avec le programme C919, un avion moyen-courrier qui se pose en rival des
A320neo et 737 Max. L’avion chinois, qui a réussi son premier vol d’essai en mai 2017, est à 100 % financé sur fonds publics. Ni les États-Unis ni l’Europe n’y ont trouvé à redire. Il faut dire que l’aéronautique occidentale est partenaire du
C919. En échange d’un accès à son marché, la Chine a multiplié les partenariats, par exemple avec Airbus, qui assemble l’A320 depuis plus de dix ans à Tianjin, à côté de Shanghaï. Parallèlement, la Chine pèse de tout son poids dans les instances internationales
qui définissent les normes aéronautiques. Pékin a par exemple imposé sa candidate au secrétaire générale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci), au détriment d’un Français.

Une fois que l’empire du Milieu aura atteint la maturité technologique, il inondera le marché avec des avions à prix cassés

Certes, deux ans après son premier vol, le C919 n’est toujours pas certifié. Et la Chine a encore un long chemin à parcourir afin de prouver qu’elle est capable de produire en série, à qualité constante, un produit aussi exigeant qu’un avion de ligne.
Mais une fois que l’empire du Milieu aura atteint la maturité technologique, il inondera le marché avec des avions à prix cassés.

Cette détermination chinoise rend encore plus baroque la bataille États-Unis-Europe autour des aides publiques qualifiées d’illégales. Il n’est pas absurde que les États soutiennent leur industrie aéronautique: il en va de leur souveraineté! D’autant
qu’aucun investisseur privé ne prend le risque d’aligner les 10 à 12 milliards de dollars nécessaires pour développer un nouvel appareil. Au lieu de se battre, États-Unis et Europe devraient faire bloc face à la future déferlante chinoise.

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