La dette extérieure des pays en développement s’alourdit


La dette extérieure des pays en développement s’alourdit:

Sous l’effet d’un bond de la dette chinoise, l’encours total en 2018 atteint 7800 milliards de dollars selon la Banque mondiale. La situation se dégrade dans plusieurs pays, surtout sur le continent africain.

Les pays en développement dépendent beaucoup des financements extérieurs. Si l’endettement a progressé à un rythme moins soutenu en 2018 comparé à l’année record de 2017, le fardeau continue de s’alourdir. Selon les dernières données de la Banque mondiale, publiées mercredi, l’encours total de la dette extérieure pour ces pays a atteint 7800 milliards de dollars, en hausse de 5,3 %. L’augmentation est plus marquée – 12 % – pour
la dette de court terme qui pèse 2200 milliards.

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Une tendance, souligne le rapport, dominée par la Chine qui a enregistré une hausse de 15 % l’an dernier, alimentée par un appétit accru des investisseurs pour les actifs libellés en yuan. L’empire du Milieu reste cependant peu endetté (14 %
du revenu national brut, RNB) comparé aux autres grandes économies émergentes. Le top trois des pays les plus fragiles, exposés à la volatilité des capitaux, comprend la Turquie, l’Argentine et l’Afrique du Sud, dont une grande partie de leur dette
est libellée en dollars. Aux prises avec une nouvelle crise économique et une défiance généralisée, Buenos Aires, qui était revenu très fortement et très rapidement sur les marchés internationaux suite à la normalisation opérée par le président Macri,
s’est retrouvé à court de liquidités et a dû faire appel à l’aide du FMI. Ce qui a provoqué une envolée de sa dette extérieure, passée en un an de 38 à 56 % du RNB. Cela explique le bond, en 2018, de 86 % des flux de financement provenant
des créanciers multilatéraux.

Recul des flux financiers

La Banque mondiale note une dégradation depuis dix ans, entre 2008 et 2018, pointant un recul du nombre d’États ayant une dette inférieure à 30 % du RNB, dont beaucoup sur le continent africain. Plus de la moitié a vu son encours doubler. Les producteurs
de matières premières ont souffert de l’effondrement des prix du pétrole après 2014, à l’exemple du Gabon ou du Cameroun. «Or, beaucoup de pays ont besoin de plus d’investissement pour pouvoir atteindre leurs objectifs et croître plus vite», avertit
David Malpass, président de la Banque mondiale qui insiste sur la «nécessité de transparence de la dette qui doit s’appliquer à toutes les formes d’engagements
publics, y compris aux dettes cachées». Le Mozambique et le scandale d’une dette cachée de 2 milliards de dollars, liée à des pots-de-vin, en est une illustration. Le rôle croissant de la Chine comme banquière de l’Afrique, qui finance de vastes projets d’infrastructure,
a suscité la critique sur le manque de transparence et la dette qui se creuse rapidement.

La Banque mondiale, qui scrute les sources de financement, constate aussi une baisse de 19 % des flux financiers en 2018. Les émissions obligataires ont notamment chuté de 26 %. En cause: un contexte global moins favorable entre tensions commerciales,
ralentissement de la croissance, hausse des taux d’intérêt américains et appréciation du dollar. Le récent changement de pied de la Réserve fédérale américaine (Fed) – première baisse de taux en juillet – pourrait toutefois redonner de l’attractivité
aux marchés en développement.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2ImqEQN

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