Radicalisation de Mickaël Harpon: tous les voyants étaient au rouge


Radicalisation de Mickaël Harpon: tous les voyants étaient au rouge:

Contrairement à d’autres situations, où les employés dissimulent leur radicalisation, Mickaël Harpon a au contraire agi sans se cacher.

Ce drame aurait pu être empêché. C’est la conviction du député LR des Bouches-du-Rhône, Éric Diard, auteur en juin dernier d’un rapport alarmant sur l’islamisme dans les services publics. Après avoir passé en revue des centaines de cas en France dans
le cadre de cette mission, le parlementaire estime que cette affaire est de celles où tous les voyants étaient au rouge. Contrairement à d’autres situations, où les employés dissimulent leur radicalisation, Mickaël Harpon a au contraire agi sans se cacher. En 2015, alors qu’il est déjà converti à l’islam, il légitime l’attentat de Charlie Hebdo. Puis, dans son travail, il refuse de serrer les mains aux femmes et se rend à la
mosquée en costume traditionnel.

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«Après l’attentat de Charlie Hebdo, en 2015, le personnel de la police a été formé pour repérer la radicalisation d’un individu par le biais de signaux faibles et de signaux forts. Dans cette affaire, on a les deux», souligne Éric Diard. L’élément
essentiel reste, pour lui, le soutien de l’attentat par le fonctionnaire. «Ce qui constitue un délit, souligne-t-il. Il aurait pu être poursuivi pour apologie du terrorisme.» Dénoncés verbalement par deux collègues qui ont refusé d’en faire un signalement écrit, les propos de Mickaël Harpon auraient dû pousser «sa hiérarchie à convoquer le fonctionnaire», estime Éric Diard.

«La radicalisation avérée devrait, seule, suffire à mettre fin aux activités d’un fonctionnaire»

Éric Diard

Dans son rapport, le député énumère les suites à donner en cas de radicalisation. «Il peut y avoir un avertissement, un blâme et, quand la radicalisation s’accompagne d’un délit, la personne est révoquée», écrit-il. Mais aujourd’hui, au regard du cas
Harpon, il ne faudrait même plus attendre la constatation d’une faute, selon lui. «La radicalisation avérée devrait, seule, suffire à mettre fin aux activités d’un fonctionnaire», dit-il.

Cette attitude plus ferme permettrait de mettre fin à des situations stupéfiantes dans les services publics où des employés, identifiés comme adeptes d’un islam radical, restent à leur poste. Dans son rapport, Éric Diard en dresse la liste. C’est ainsi
le cas de 30 policiers en France. Mais aussi de 80 salariés d’ADP – Aéroports de Paris – qui continuent à accéder à des zones «réservées». Ne pouvant être révoqués, ils font l’objet d’un suivi régulier. «On les déplace aussi parfois pour les mettre
à des postes moins sensibles», explique le parlementaire.

Un nouveau déni

Toutefois, la solution d’une éviction sans attendre un délit engendre un risque. «Les personnes avanceraient à visage masqué et cela compliquerait la tâche pour les détecter», fait remarquer le député en relevant un autre écueil dans la procédure actuelle.
«La radicalisation est souvent constatée par les services de renseignements qui produisent des notes blanches, parfois volontairement succinctes pour éviter de donner des sources. Elles sont alors estimées insuffisantes par les juges, qui annulent
la révocation quand ils sont saisis», explique-t-il.

Ce nouveau déni qui pourrait s’être abattu sur les services de police parisiens risque de coûter cher

La décision du premier ministre de passer au crible les services de renseignements pour voir s’il y a ou non des éléments de radicalisation dans leurs rangs n’est pas une mauvaise initiative, selon Éric Diard. Mais il y a d’autres priorités: notamment enquêter sur la vie d’un policier en cours d’activité et non plus seulement au début de sa carrière. «Cette disposition prévue par la loi sur la sécurité intérieure d’octobre 2017, et pourtant
indispensable, n’était pas encore en vigueur cet été», regrette le député. Une mesure qui, dans le cas de Mickaël Harpon, n’aurait pas montré d’utilité: habilité secret-défense car affecté dans un service sensible, il était inspecté tous les cinq
ans. «Dans son cas, tout l’arsenal de contrôle existe et est suffisant», estime le parlementaire, qui s’interroge sur les raisons de ces défaillances. «Son entourage professionnel a eu le comportement typique d’avant les attentats de 2015 en France,
où l’on mettait sous le tapis les signes de dérive religieuse car on refusait de les voir. Ensuite, il a bien fallu prendre le problème à bras-le-corps», analyse-t-il.

Ce nouveau déni qui pourrait s’être abattu sur les services de police parisiens risque de coûter cher. «La DGSI parle de cataclysme, signale Éric Diard. Harpon, qui s’occupait de l’informatique, avait accès à des affaires sensibles. Reste à savoir s’il
les a ébruitées.»

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/335YZeA

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