Immigration : Philippe réfléchit à des «quotas»


Immigration : Philippe réfléchit à des «quotas»:

En ouverture du débat organisé lundi à l’Assemblée, le premier ministre a évoqué six pistes de réflexion pour répondre à la question migratoire.

Emmanuel Macron n’a pas peur des dossiers minés. Depuis la rentrée, il les ouvre les uns après les autres. Après l’écologie, dans lequel il n’a pas grand-chose à gagner, après la réforme des retraites, sur lequel il a beaucoup à perdre, le chef de l’État
s’attaque à l’immigration, avec lequel il peut mettre sa majorité à feu et à sang. Inflammable, le sujet s’impose régulièrement dans l’agenda politique, prenant souvent de court l’exécutif.

Cette fois, Emmanuel Macron revendique de lancer le débat hors période de crise et reste sourd aux accusations, émises jusqu’au sein de son propre camp, de «faire le jeu de l’extrême droite». Il s’agit même plutôt de prendre un coup d’avance sur Marine
Le Pen à l’approche de l’élection présidentielle de 2022. «Si nous n’avons pas le courage de regarder en face la demande de maîtrise exprimée par tous nos concitoyens (…) nous ne serions pas lucides», a expliqué le président la semaine dernière à
Strasbourg.

De nouvelles pistes

Lancé par Édouard Philippe lundi, le débat a démarré dans un hémicycle clairsemé. Entamant
son discours par une citation de Michel Rocard qui, en 1990 déjà, revendiquait de se saisir du sujet, le premier ministre l’a assuré: «Les questions que nous nous posons ne sont ni nouvelles, ni scandaleuses. Elles ne sont pas plus l’apanage de partis
populistes sur les terres desquels nous serions surpris à braconner. Ce sont des questions qui, de longue date, interrogent les Français (…) et auxquelles nous devons apporter des réponses.»

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Philippe a d’ailleurs reconnu au passage que la politique mise en place par son gouvernement n’avait «pas atteint tous ses objectifs».
D’où ses six pistes de réflexion pour répondre à la question posée par Emmanuel Macron: «Quel cap pour la politique migratoire de la France?» Deux d’entre elles marquent un durcissement. D’abord la possibilité de mettre en place des «quotas» d’immigration.
«Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée», a assuré Édouard Philippe. Ensuite, une réforme de l’aide médicale de l’État,
même s’il ne l’a pas formulé aussi clairement dans son propos. «La France doit à l’évidence soigner tous ceux qui résident sur son territoire. Mais elle ne doit être ni plus ni moins attractive que ses voisins. Nous devons accepter de regarder les
choses en face, sans tabou, méthodiquement, sans rien renier de nos principes», a-t-il expliqué.

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Pour les autres pistes, il propose de réorienter les aides au développement, de refonder l’espace Schengen, d’accélérer les expulsions des étrangers en situation irrégulière et d’améliorer l’intégration. Autant de propositions détaillées ensuite à la
tribune de l’hémicycle par les ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Santé, Jean-Yves Le Drian, Christophe Castaner et Agnès Buzyn, avec force chiffres.

Débat sur l’immigration : Édouard Philippe dénonce «une sécession insidieuse» qui se développe – Regarder sur Figaro Live

Préempter le sujet

Le premier ministre voulait un débat apaisé pour défendre «une politique d’immigration sans coups de menton et sans naïveté». C’était oublier Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
qui ont dénoncé le raidissement du gouvernement sur l’immigration pour le premier, son laxisme pour la seconde. «Comment osez vous dire qu’on a été privés de discussion sur ce sujet? La famille Le Pen en a fait un sujet depuis quarante ans», a tonné
le leader des Insoumis, en dénonçant des «bavardages aux conséquences cruelles», «une nouvelle opération de propagande» et «un collage de fantasmes et des bricolages de technocrates».

Comme en écho, de l’autre côté du spectre, Marine Le Pen a dénoncé les «postures tartarinesques» du gouvernement et ses «lois cosmétiques» face à «une submersion migratoire (…) jusqu’au moindre village». Pour elle, «l’immigration anarchique» est «parfois»
une «menace pour la vie».

Après l’assassinat jeudi de quatre policiers à la préfecture de police de Paris , elle avait déjà essayé de faire le lien entre immigration et islamisme. Philippe avait bien tenté de préempter le sujet. «Oui, il y a des dérives communautaires dans notre
pays, mettons là aussi des mots sur les choses que voient nos concitoyens. Une sécession insidieuse se développe, dont nous ne voulons pas», avait-il indiqué dans son discours. C’est toujours le même problème avec le débat sur l’immigration. Celui
de la lutte éternelle et inégale entre l’original et la copie. Elle se termine souvent au bénéfice du premier.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2AQFg6T

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