Hongkong: Pékin tance les Européens


Hongkong: Pékin tance les Européens:

Le régime communiste s’en prend notamment à la France, à un mois de la visite d’Emmanuel Macron.

Les mots claquent comme un défi. Pékin affiche son «profond mépris» et son «vif mécontentement» à l’égard des positions européennes sur la crise de Hongkong, soutenues de manière «irresponsable» par la France. Un mois avant la seconde visite d’Emmanuel Macron dans l’empire du Milieu, un communiqué au vitriol de son ambassade étrille «l’hypocrisie» de l’UE. Le ton outré rompt avec les formules elliptiques chères à la diplomatie chinoise, quelques heures avant l’atterrissage mardi à Pékin du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, venu préparer la visite présidentielle du 4 au 7 novembre.

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L’escalade des tensions à Hongkong, marquée par des scènes de vandalisme contre les intérêts continentaux ce week-end, après la promulgation d’une loi interdisant le port du masque aux manifestants, fait sortir la deuxième puissance mondiale de ses gonds. Pékin ne digère pas les appels «à la retenue» du haut représentant de l’UE Josep Borrell, réaffirmant son attachement au «haut degré d’autonomie» dont jouit l’ancienne colonie britannique, selon le principe «un pays deux systèmes».

La déclaration de l’UE était pourtant modérée. Ils cherchent à intimider pour imposer l’autocensure

Au lendemain des célébrations triomphales des 70 ans du régime communiste, sur la place Tiananmen, le 1er octobre, marquées par une parade militaire nationaliste sous le regard du président Xi Jinping, le pouvoir central raidit son discours sur le front hongkongais en prenant à partie l’Occident, accusé d’interférer dans les affaires «intérieures» chinoises. Un changement de ton notable de la diplomatie rouge, qui s’inscrit dans la reprise en main idéologique orchestrée par le dirigeant le plus autoritaire depuis Mao.

«Ils ne cherchent plus à séduire, mais à aller à la confrontation, en portant le débat sur le terrain des valeurs», constate Mathieu Duchâtel, directeur Asie à l’Institut Montaigne. L’Europe a «glorifié» les exactions des «émeutiers» et s’en est prise «fielleusement» aux mesures «d’autodéfense» de la police, enfonce le régime. Pour mieux tancer Paris, il s’offre même le luxe d’une référence implicite aux «gilets jaunes», exigeant à son tour de «l’empathie» face aux manifestations prodémocraties de l’île. «La déclaration de l’UE était pourtant modérée. Ils cherchent à intimider pour imposer l’autocensure», avance Duchâtel.

«La liberté de boycotter!»

L’Amérique de Donald Trump est également ciblée, accusée par la presse officielle de fomenter une «révolution de couleurs» dans la plaque tournante financière asiatique, avec l’appui d’une opinion publique nationaliste chauffée à blanc. La ligue américaine de basket NBA en fait l’amère expérience cette semaine, subissant un boycott par la télévision d’État CCTV en réplique à un tweet d’un de ses managers, qui avait osé afficher son soutien aux manifestants hongkongais. «Tout commentaire défiant la souveraineté nationale et la stabilité sociale n’entre pas dans le cadre de la liberté d’expression», assène mardi la chaîne d’État pour justifier la suspension des retransmissions des matchs des Houston Rockets. Le manager de l’équipe, Daryl Morey, a beau avoir effacé son post et présenté ses excuses à «ses amis chinois», le mal est fait. Ses sponsors, dont le géant de l’internet Tencent, se retirent comme un seul homme. «Tu as la liberté d’expression, nous avons la liberté de boycotter!», lance un internaute sur Weibo, le tweeter chinois.

À Hongkong, la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, affirme toujours être aux commandes mais n’exclut pas une intervention directe de Pékin, qui a prévenu que le chaos ne pourrait durer «indéfiniment», vendredi dernier. «À ce stade, je suis toujours convaincue que nous devons trouver une solution nous-mêmes. C’est aussi la position du gouvernement central», a expliqué mardi la bureaucrate, dont le projet de loi d’extradition judiciaire a mis le feu aux poudres. «Mais si la situation devient très grave, alors aucune option ne peut être exclue», a-t-elle ajouté.

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