Le coût alarmant de la SNCF pour le contribuable français


Le coût alarmant de la SNCF pour le contribuable français:

DÉCRYPTAGE – En 2018, le montant total pour les Français s’est élevé à 14,4 milliards d’euros. Une somme importante alors que le prix des billets suscite régulièrement la polémique.

Pour le contribuable, la note est salée… En 2018, chaque Français a contribué, par l’intermédiaire de l’État et des Régions, à hauteur d’environ 215 euros pour financer le coût colossal de la SNCF et du régime spécial de sécurité sociale des cheminots.
Et ce coût s’élève à près de 900 euros pour les quelque 16,6 millions de foyers fiscaux imposables de l’Hexagone, révèle une étude de Fipeco menée par l’ancien magistrat de la Cour des Comptes, François Ecalle. De manière plus globale, le coût de
la SNCF supporté par les Français s’élève à 14,4 milliards d’euros. Un montant particulièrement important et d’autant plus inquiétant quand on sait que l’endettement de la SNCF dépasse les 50 milliards d’euros. «Dans de nombreux pays du monde, le système ferroviaire est en partie financé par les pouvoirs publics. Ça n’a rien d’anormal. Mais aujourd’hui les Français participent à hauteur de près de 15 milliards d’euros. Il doit y avoir des coûts bien trop exagérés»,
explique au Figaro François Ecalle.

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La contribution majeure des Français – 5,3 milliards d’euros d’après la commission des comptes des transports – provient de ce que la SNCF appelle «la vente de prestations de services ferroviaires» aux «autorités organisatrices», soit
en d’autres termes aux régions et à Ile-de-France Mobilités. Mais ces prestations sont «particulières» selon François Ecalle. En effet, la SNCF étant jusqu’à présent en situation de monopole, les régions n’ont d’autre choix que de faire appel
à la SNCF pour faire rouler notamment les trains express régionaux et les Transiliens dans leur territoire. «Que l’on considère ce montant comme un achat de services ou une subvention, il est en tout état de cause payé par les autorités publiques régionales et donc par les contribuables»,
estime l’ancien sage de la rue Cambon. À cela s’ajoutent 2,9 milliards d’euros de frais de fonctionnement.

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Au-delà de ces 8,2 milliards d’euros engagés en coût de fonctionnement, l’État et les régions ont également apporté 3,4 milliards d’euros pour subventionner les investissements portés par la SNCF en 2018. «On a privilégié pendant des années les investissements sur les lignes à grande vitesse au détriment des trains de banlieue. Mais à force de laisser traîner et de ne pas faire l’entretien et la maintenance sur le réseau de proximité, aujourd’hui ça coûte beaucoup plus cher. On paye les erreurs du passé»,
précise François Ecalle. «Hors protection sociale des cheminots, les contribuables ont donc supporté 11,6 milliards d’euros en 2018, dont on peut déduire 0,5 milliard d’euros de taxes spécifiques payées par la SNCF, soit une contribution nette de 11,1 milliards d’euros»,
met en lumière le rapport dévoilé par l’Opinion.

«On se demande où passent toutes ces sommes»

«Quand on regarde le niveau de qualité de l’entretien des infrastructures, des voies et du réseau on se demande où passent toutes ces sommes», s’interroge la députée UDI-Agir de la 3ème circonscription d’Indre-et-Loire, Sophie Auconie, également
secrétaire de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. «Sur de nombreuses lignes, le coût du service a grimpé. Un Paris-Tours a augmenté de 30% en dix ans mais la qualité du service, elle, ne s’est pourtant pas améliorée. Donc les Français payent plus de 200 euros pour un service de plus en plus cher mais de moins en moins bon. Compte tenu du prix des billets, ce n’est pas un détail»,
poursuit la députée.

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L’ouverture du rail à la concurrence fin 2020 – exigé par l’Union Européenne – pourrait rebattre les cartes du jeu. «Cette mise en concurrence devrait inciter SNCF Mobilités à réduire ses coûts et à améliorer ses services. Si d’autres opérateurs sont choisis par les autorités régionales, celles-ci n’achèteront plus de services à SNCF mobilités mais à des opérateurs concurrents. Le coût de la SNCF pour les contribuables diminuera»,
dévoile le rapport. «Normalement, si un autre opérateur gagne une ligne cela voudrait dire qu’il a des coûts plus faibles. Donc, les régions devraient payer moins cher et le coût pour le contribuable sera moins élevé», précise François Ecalle.

Enfin, l’État a versé 3,3 milliards d’euros de subvention d’équilibre au régime spécial de retraite des cheminots, soit 62% des pensions versées. «Une partie de cette subvention vient du fait que le régime de la SNCF est déséquilibré d’un point de vue démographique: il y a beaucoup de retraités et beaucoup moins d’actifs. Avec les gains de productivité nous avons moins besoin de cheminots qu’avant. Par ailleurs, une partie de ce déséquilibre démographique vient de l’âge du départ à la retraite des cheminots et ça, ce n’est pas quelque chose de naturel, entre guillemets. C’est un choix politique»,
conclut l’ancien magistrat de la cour des Comptes.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2B4PtN9

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