Jugeant la situation explosive, Washington replie un millier de ses soldats du nord de la Syrie


Jugeant la situation explosive, Washington replie un millier de ses soldats du nord de la Syrie:

Le secrétaire américain à la Défense Mark Esper a annoncé dimanche le retrait d’un millier de soldats américains du nord de la Syrie, sur ordre de Donald Trump, évoquant sur la chaîne CBS une “situation intenable” pour des troupes qui “peuvent se retrouver prises en étau” entre les Kurdes et les Turques.

Alors même que la chancelière allemande Angela Merkel enjoignait ce dimanche au président turc Recep Tayyip Erdogan d’immédiatement faire cesser l’offensive dans le nord de la Syrie,
le Pentagone confirmait un retrait total des forces américaines déployées dans le nord du pays au motif que l’offensive turque allait s’intensifier.

Cette décision prise dans la nuit de samedi à dimanche par Donald Trump et ses conseillers est doublement motivée.

D’une part, les Américains ne tiennent pas à ce que leurs troupes, éparpillées sur une dizaine de points d’appui, ne soient coupées de leurs bases arrière par l’avancée des forces turques et celle de leurs supplétifs de l’ANS (l’Armée
nationale syrienne, ex-Armée syrienne libre). Si le plan turc initial prévoyait une incursion en Syrie pour mettre la main sur une bande de terrain profonde d’une trentaine de kilomètres le long de la frontière et pour en chasser les forces kurdes,
il semble que l’état-major turc ait revu à la hausse ses objectifs. Mark Esper, le secrétaire américain à la Défense, estime que l’avancée se portera aussi à l’est et à l’ouest de la zone actuellement concernée par les combats.

Situation « intenable »

D’autre part, l’administration Trump craint que des affrontements ne deviennent inévitables entre les miliciens de l’ANS dont certains sont ouvertement pro-islamistes voire salafistes et les troupes américaines dont la situation est jugée « intenable » par le Pentagone.

Ces supplétifs, qui appartiennent à des groupes comme Ahrar al-Sharqiya, la division Sultan Murad et la division al-Hamzat ont déjà été engagés aux côtés des forces armées turques en 2017 et 2018, lors des précédentes incursions en Syrie. Le
scénario actuel est le même qu’en 2018, lors de l’opération turque Rameau d’olivier, avec le recours à ces milices dont la réputation est mauvaise. Elles sont suspectées de corruption, d’exactions, de pillages, d’enlèvements, de tortures et de meurtres.

Déjà, des exactions commises contre des Kurdes ont été rapportées. Plusieurs vidéos filmées dans la zone des combats témoignent d’exécutions sommaires commises par des miliciens dont certains hurlent des slogans islamistes.

Havrin Khalaf, la secrétaire-générale du parti Future Syria, a ainsi trouvé la mort samedi dans une embuscade qui aurait été tendue par des miliciens du groupe Ahrar al-Sharqiya. L’embuscade a été tendue sur l’autoroute M-4 que les Turcs disent avoir
conquis dimanche. Ce groupe islamiste fondé en 2016 par des anciens d’Al-Nosra est suspecté de corruption, d’exactions, de pillages, d’enlèvements, de tortures et de meurtres.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2nDDRgK

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