Donald Trump tente d’éteindre la fronde des Républicains


Donald Trump tente d’éteindre la fronde des Républicains:

La décision du président américain d’abandonner les Kurdes de Syrie à l’armée kurde a donné lieu à une levée de boucliers dans son propre camp.

Correspondant à Washington

Le retrait précipité des forces spéciales américaines du nord de la Syrie a créé pendant quelques jours un sentiment de malaise dans les rangs des élus républicains au Congrès. Les images des soldats américains se repliant en hâte sur les routes,
pendant que les Turcs bombardaient les forces kurdes et que l’armée syrienne se déployait à leur place, leurs bases abandonnées visitées par des équipes hilares de la télévision russe, rappel cuisant d’autres fiascos dont, du Vietnam à l’Irak,
la plus puissante armée du monde est finalement assez coutumière, ont suscité une vague de critiques de la part des élus républicains contre Trump.

Mercredi, les deux tiers d’entre eux ont même voté avec la majorité démocrate une motion condamnant la décision de Trump de laisser la Turquie franchir la frontière syrienne,
«qui a profité aux adversaires des États-Unis».

Il est impossible de comprendre pourquoi Donald Trump laisse les alliés de l’Amérique se faire massacrer et permet le retour de l’État islamique

Liz Cheney, élue républicaine du Wyoming

«Il est impossible de comprendre pourquoi Donald Trump laisse les alliés de l’Amérique se faire massacrer et permet le retour de l’État islamique», a commenté Liz Cheney, élue républicaine du Wyoming et fille de l’ancien vice-président
de George W. Bush.

Ce vote de la Chambre des représentants est l’une des rares occasions où les élus républicains se sont désolidarisés du président. Le cas s’était déjà produit l’année dernière lorsque le Congrès avait critiqué le soutien de Trump à l’Arabie
saoudite, après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué et démembré dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul.

Mais l’importance de ce camouflet reste néanmoins relative. La motion n’est pas contraignante et surtout ne semble pas devoir conduire les Républicains à retirer durablement leur soutien à Trump.

Une fronde vite calmée

La fronde a d’ailleurs été de courte durée. Elle s’est vite calmée avec l’annonce jeudi depuis Ankara par le vice-président Mike Pence d’un cessez-le-feu temporaire dans le nord de la Syrie.

Les revirements ont été rapides. «Il semble que nous ayons fait de réels progrès», a dit le sénateur Lindsey Graham, élu républicain de Caroline du Sud. Ce conservateur proche de Trump, menait ces derniers jours la bronca des parlementaires
républicains.

Après avoir qualifié la décision de «plus grosse erreur de sa présidence», et de «décision stupéfiante (qu’il) rejette totalement», Graham a cessé ses critiques, et s’est dit «prêt à continuer de travailler avec le président pour continuer sur cette percée».

Michael Waltz, élu républicain de Floride, qui avait lui aussi critiqué le retrait, s’est dit rassuré après avoir assisté à une réunion sur le sujet à la Maison-Blanche. «C’était très utile de voir toutes les promesses qu’a faites Erdogan au président et de comprendre la fermeté avec laquelle le président et le secrétaire d’État à la Défense ont mis en garde les Turcs».

Donald Trump ne comprend pas la gravité de la situation

Le chef de file des Démocrates au Sénat, Charles Schumer

Les tiraillements des Républicains sont réels. Leur loyauté envers un président fantasque et imprévisible est en balance avec l’inquiétude face aux conséquences de ses décisions, notamment quand elles touchent aux affaires militaires.
Mais les Républicains n’en restent pas moins fidèles à leur parti, un an avant une élection présidentielle qui s’annonce disputée.

Et surtout, l’émoi de ces parlementaires pour le sort des Kurdes syriens n’est pas forcément partagé par leur électorat. Les quelques sondages réalisés depuis la décision de Trump indiquent qu’un solide bloc d’environ 40 % des
électeurs républicains soutient l’idée d’un retrait des troupes. Les sondages indiquent aussi que plus de 80 % d’entre eux continuent de le soutenir.

Le soutien de sa base reste la principale force de Trump, alors que la procédure de destitution lancée contre lui suit son cours. S’il est probable que la Chambre des représentants vote sa destitution, la majorité des deux tiers
du Sénat est nécessaire pour qu’elle devienne effective. Dans l’état actuel des choses, il apparaît très peu probable qu’une vingtaine de sénateurs choisissent d’aller à l’encontre de leurs électeurs et de voter contre le président.

Une motion condamnant la décision de Trump de laisser le champ libre à la Turquie en Syrie a été présentée jeudi par le chef de file des Démocrates au Sénat, Charles Schumer. «Il ne comprend pas la gravité de la situation»,
a-t-il dit en parlant de Trump. «La chose la plus importante que nous pouvons faire maintenant est de dire au président que le Congrès, la vaste majorité des Démocrates et des Républicains, demandent que l’on revienne sur cette décision».

Le vote n’a même pas eu lieu: la motion a été bloquée par le sénateur Rand Paul, un Républicain aux tendances libertaires, qui a rappelé que la présence des troupes en Syrie n’avait jamais été autorisée par le Congrès.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/33P463r

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