Italie: près de 200.000 personnes rassemblées contre le gouvernement à l’appel de Salvini


Italie: près de 200.000 personnes rassemblées contre le gouvernement à l’appel de Salvini:

REPORTAGE – Si le chef de la Ligue, Matteo Salvini, démontre que son leadership est intact, il ne parvient pas à montrer le visage d’une droite unie.

À Rome

Dès sa chute du gouvernement, Matteo Salvini avait promis de mobiliser l’Italie sur les places contre le nouveau gouvernement issu de l’alliance inédite entre le Parti démocrate et le mouvement Cinq étoiles. Et dès début septembre, il avait battu
le rappel du «fier Italien» (Orgoglioso Italiano) sur la place San Giovanni de Rome pour le 19 octobre, afin de protester contre un gouvernement qu’il estime être un déni de démocratie. Il disait espérer rassembler entre 100.000 et
200.000 personnes.

Pari gagné, car si la place devant la basilique de Saint-Jean-de-Latran n’était pas aussi pleine que le laissaient croire les images fabriquées par la Ligue, il y avait du monde sous ce soleil radieux d’octobre: 200.000 personnes, selon les organisateurs,
vraisemblablement moins même si la mesure des foules n’est jamais fiable. En tout cas, il y avait autant de monde que lors des manifestations du 1er mai et une population qui, de tous âges et de tous les milieux, ressemblait à toute l’Italie.
Une population fort sage, qui scandait de temps à autre: «elezioni, elezioni».

Des centaines de milliers de personnes rassemblées le samedi 19 octobre à Rome autour de Matteo Salvini.

Des centaines de milliers de personnes rassemblées le samedi 19 octobre à Rome autour de Matteo Salvini. TIZIANA FABI/AFP

«Dire non au gouvernement des taxes, des menottes»

Grâce aux huit trains spéciaux et aux quelque 500 autobus affrétés pour la mobilisation, ses partisans sont venus de toutes les régions italiennes, y compris du nord. Mais pas seulement. Car l’enjeu du rassemblement était aussi de montrer
ce que pèse la droite réunie, regroupant outre la Ligue, le petit parti qui monte, Fratelli d’Italia, et celui qui décline, Forza Italia. Des forces qui ensemble sont créditées de 45% des intentions de votes.

Outre l’ancien ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, Giorgia Meloni et Silvio Berlusconi étaient
présents, chacun ayant parlé à son public. Avec un message commun: «Nous sommes là pour dire non au gouvernement des taxes, des menottes – contre les fraudeurs du fisc – , de la bureaucratie, du justicialisme. Nous sommes là pour renvoyer un gouvernement non élu par les Italiens.»

Néanmoins dans la foule dominaient très largement les drapeaux de la Ligue et de Fratelli d’Italia, au milieu de drapeaux italiens, tandis que les partisans de Forza Italia étaient beaucoup plus discrets. Comme si Silvio Berlusconi était venu seul,
sans ses troupes. Casa Pound, mouvement néofasciste qui s’était invité à la manifestation – ce qui avait sans doute fait fuir les modérés de Forza Italia -, était manifestement très encadré par le service d’ordre.

Une fragilité symbolisée par les pétitions

Si Matteo Salvini a clairement démontré ce samedi son leadership sur toute la droite italienne, il a eu plus de mal à montrer le visage d’une droite unie, alors que sur scène, seules les bannières de la Ligue étaient visibles. Ce qui a beaucoup
énervé Giorgia Meloni de Fratelli d’Italia, qui, la veille, déclarait: «Cette journée devait être la manifestation de toute la droite. Or tout se passe comme si nous étions des invités dans la maison de quelqu’un d’autre, sur une place que nous avons contribué à remplir. Dommage, c’est une occasion perdue de démontrer que nous sommes unis.»

«Nous avons besoin de vous tous pour retourner au pouvoir, d’une équipe nationale de la liberté. Partout où nous serons ensemble, nous gagnerons», a insisté Silvio Berlusconi.

Unité fragile visible aussi dans les pétitions que La Ligue et Fratelli d’Italia faisaient chacun de leur côté signer à leurs supporters sur la place San Giovanni. Pétitions pour récolter les 500.000 signatures permettant de demander un référendum
d’initiative populaire. Celles demandant chacune l’élection du président de la République au suffrage universel démontraient particulièrement leur incapacité à se coordonner.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2OYALzk

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