Le virage régalien, une étape obligée pour Macron avant 2022


Le virage régalien, une étape obligée pour Macron avant 2022:

DÉCRYPTAGE – Sur un sujet loin d’être inné pour lui, le président sait qu’il ne peut pas se manquer.

La macronie n’est pas seulement un monde «nouveau», c’est aussi un monde étrange. Un monde dans lequel le décalage entre les élus et les électeurs peut se révéler, sur certains sujets, étonnamment important. C’est le cas, par exemple, de tout
ce qui relève du régalien – dans l’acception la plus large de ce terme. Car en dépit des efforts qu’il déploie pour tenter de s’en emparer, Emmanuel Macron peine encore à se forger une identité claire en la matière. Comme s’il était toujours
enfermé dans son costume d’expert des problématiques économiques et sociales. Comme si son logiciel interne était programmé de telle sorte que l’identité et l’intégration n’étaient pas des clés suffisantes pour régler quelque problème que
ce soit.

«On a eu la partie “libérer” en 2017, et c’était essentiel. Mais il nous faut absolument la partie “protéger” en 2022 si on veut faire un deuxième quinquennat», exhorte un membre de son premier cercle, ressuscitant le diptyque qui avait
fait le succès du candidat durant la campagne. «Il y a des ministères qui colorent durablement ceux qui les occupent. Et Bercy, où il a passé deux ans, en fait évidemment partie», déplore quant à lui un conseiller de l’exécutif, visiblement peu optimiste. Et de citer, pour appuyer cette démonstration, les exemples
de Nicolas Sarkozy et Manuel Valls, dont les passages Place Beauvau ont largement contribué à leur donner l’image de fermeté qu’ils ont entretenue ensuite, l’un à l’Élysée, l’autre à Matignon.

À cet obstacle – qui relève presque de son ADN – s’en ajoute un autre pour le président: il lui manque une figure incarnante, qui pourrait l’aider dans sa quête de crédibilité. Car ni le chef du gouvernement Édouard Philippe, ni le ministre de
l’Intérieur Christophe Castaner – plus jeunes que lui en termes d’expérience gouvernementale – ne disposent de l’expertise nécessaire pour crédibiliser l’exécutif sur les questions régaliennes.

Tout faire tout seul

Seul le secrétaire d’État à Beauvau et ancien patron de la DGSI, Laurent Nuñez, aurait a priori pu être taillé pour une telle mission. Mais l’ex-préfet des Bouches-du-Rhône se cantonne pour l’instant à un rôle assez technique et pas
vraiment politique. Dans l’espoir, selon certaines indiscrétions, que le chef de l’État l’appelle un jour à la rescousse pour le pousser à gagner en épaisseur.

En attendant, Emmanuel Macron essaie, comme à son habitude, de tout faire tout seul. Il y arrive parfois – cela a été le cas lorsqu’il a su rétablir l’ordre public après le pic de violence atteint par les «gilets jaunes». Mais il échoue aussi. Comme lorsqu’il a cru bon de limoger le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers avec pertes et fracas à l’été 2017. «Il a bien fait de le virer. Mais la manière dont il s’y est pris était inutilement humiliante et provocante vis-à-vis des armées»,
souffle l’un de ses anciens compagnons de route. «Cela prouve qu’il est mal – voire qu’il n’est pas – conseillé sur ces sujets-là.» Quant aux questions d’islam et de laïcité, les récentes déclarations de Jean-Michel Blanquer ont fait voler en éclats son très fragile «en même temps». Mais elles ne l’ont pas encore poussé à sortir du bois.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2PgqEGm

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