Au Moyen-Orient, la Russie s’affiche en puissance mondiale


Au Moyen-Orient, la Russie s’affiche en puissance mondiale:

La Russie, puissance « pauvre » au regard de son économie, a retrouvé à travers la guerre en Syrie une place de premier plan sur la scène internationale. Explication

La Russie a-t-elle remporté une « grande victoire » en signant un accord avec Ankara qui gèle l’offensive turque dans le nord de la Syrie ?

Pour le moment, l’accord signé dans la station balnéaire russe de Sotchi entre Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, tient toutes ses promesses. Les forces kurdes syriennes ont abandonné jeudi 24 octobre une partie des positions qu’elles occupaient depuis des années le long de la frontière turque, renonçant de facto à leurs rêves d’autonomie sous la pression de l’armée turque.

Les troupes russes continuent de leur côté les patrouilles le long de la frontière où elles remplissent le vide laissé par le départ soudain des forces spéciales américaines de ce secteur du nord de la Syrie. Allié de Moscou, le régime de Damas a également déployé des bataillons dans la zone, reprenant une partie importante du territoire qui lui échappait.

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En gelant l’offensive turque dans le nord de la Syrie, le sommet de Sotchi a été présenté comme une victoire de la diplomatie du Kremlin. La Russie demeure, il est vrai, la seule grande puissance capable d’agir militairement grâce à ses unités déployées sur le terrain et ses relations amicales avec tous les acteurs régionaux de la guerre syrienne.

« L’accord de Sotchi est fragile et temporaire », tempère Alexeï Malashenko, politologue à l’Institut de recherche Dialogue des civilisations. « Combien de temps ce dialogue à trois, entre Damas, Ankara et Moscou se poursuivra ?, s’interroge-t-il. Erdogan continue de ne pas reconnaître Bachar el-Assad et les relations entre la Russie et la Turquie demeurent compliquées. »

Quels sont les objectifs de Vladimir Poutine en Syrie ?

Depuis le début de son intervention militaire directe en septembre 2015, la Russe clame sa volonté de défendre le régime syrien qui menaçait de s’effondrer face à l’opposition armée. Les dirigeants russes motivèrent leur choix en faisant référence au malheureux précédent libyen où la chute du dictateur Kadhafi avait entraîné le chaos dans le pays et l’émergence de mouvements djihadistes. Lors d’une récente intervention au Forum de Rhodes, Vladimir Tchijov, l’ambassade russe auprès de l’Union européenne a insisté sur l’importance de soutenir « l’État syrien » et non la personne de Bachar el-Assad dont la Russie se méfie.

En sauvant le régime syrien, Moscou a donc assuré le maintien d’un allié dans la région, mais aussi conforté sa base navale de Tartous et par ricochet son influence régionale. Son intervention militaire la première depuis la chute de l’URSS, lui a permis en outre d’effacer le traumatisme de l’Afghanistan. Plus de 50 000 soldats et officiers qui se sont relayés sur le terrain ont connu l’expérience du feu. « La Syrie a servi de laboratoire pour l’armée russe », résume l’expert israélien Dima Adamsky qui évoque l’expérimentation de réseaux complexes de communication, de nouvelles tactiques, les tests d’armements ou encore le prestige acquis dans la région, le tout sans faire beaucoup de victimes au sein du contingent.

Quelle est la stratégie de la Russie au Moyen-Orient ?

À travers l’opération syrienne, la Russie s’est imposée comme une alternative crédible à l’Occident aux yeux des pays du Moyen-Orient, notamment sur les questions de sécurité, un nouveau statut qu’elle espère monnayer par des nouveaux contrats d’armement et d’accords commerciaux. En démontrant sa capacité à jouer un rôle clé dans le conflit syrien, elle est surtout redevenue un acteur incontournable sur la scène internationale en dépit de son statut de « puissance pauvre », avec un produit intérieur brut proche de celui de la Corée du Sud ou de l’Espagne.

« En dehors des anciens pays de l’Union soviétique, le Moyen-Orient est l’unique endroit sur la planète où la Russie peut jouer un rôle déterminant et donc justifier son statut de puissance mondiale, observe Alexeï Malashenko. Les succès de prestige sont aussi une façon de faire oublier les difficultés à l’intérieur du pays, notamment les salaires médiocres, les retraites qui stagnent, l’âge de départ à la retraite repoussé… »

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