Port du voile islamique: les ambiguïtés de Macron


Port du voile islamique: les ambiguïtés de Macron:

En expliquant depuis La Réunion que le port du foulard islamique dans l’espace public n’est pas «son affaire», le chef de l’État a semé le trouble dans la majorité et suscité les critiques de la droite et du RN.

Avait-il préparé son coup ou a-t-il improvisé? Jeudi soir, Emmanuel Macron a profité d’un entretien aux chaînes Réunion La 1ère et Antenne Réunion, en marge de sa tournée ultramarine, pour tenter de remettre les pendules à l’heure sur le débat
qui secoue la métropole depuis bientôt deux semaines. «Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. C’est ça la laïcité
», a-t-il martelé. Un désaveu pour son ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, selon qui le voile n’est «pas souhaitable» dans la société.

Mais au-delà de ce rappel à l’ordre, le chef de l’État a ensuite semblé en difficulté pour exprimer sa position. À la fois contre la stigmatisation «d’un seul signe religieux»… «et en même temps» conscient que le voile, aujourd’hui, est
utilisé «comme un des signaux (…) d’une forme de séparatisme». Pour conclure, il a d’ailleurs considéré que le «communautarisme» était «le cœur du problème qu’a la République». De là à dire que le sujet serait son
affaire…

Selon l’un de ses proches, qui confirme une information du Canard enchaîné, Emmanuel Macron envisage de clarifier sa position lors d’un grand discours courant novembre. Car en l’état actuel des choses, le président de la République a
réussi le tour de force de ne satisfaire personne: il a semé le trouble au sein de la majorité, et il a mécontenté l’opposition.

«L’affaire du président»

«Le président a donné des indications intéressantes mais il faut maintenant faire la clarté sur ce qu’est la laïcité et ses enjeux, se poser la question de la place des religions dans la société, jusqu’où peut aller le prosélytisme, jusqu’où les individus sont libres, réagit le député La République en marche du Cher François Cormier-Bouligeon. C’est un peu juste de dire que l’espace public n’est pas son affaire.»

L’élu fait partie du «groupe d’animation politique» qui doit commencer ses réflexions début novembre. «Le président a totalement raison, la loi de 1905 doit s’appliquer telle qu’elle est. Maintenant, il y a un travail de fond à faire sur le communautarisme et la radicalisation, qui ne sont pas en lien avec la laïcité»,poursuit
le député LREM de Moselle Ludovic Mendès, coresponsable du groupe sur la laïcité.

«Au fond, dans ce qu’a dit Macron, chacun a entendu ce qu’il voulait entendre», pointe un élu. Le député de l’aile gauche Aurélien Taché s’est dit «heureux» du «rappel fort utile» exprimé par le président. De son côté, la porte-parole Aurore Bergé salue «une parole forte sur la lutte contre le communautarisme».

Du côté de LR – qui a soutenu Jean-Michel Blanquer après ses déclarations sur le voile -, on accuse Macron de «renoncement». «Il ne sert à rien de déplorer une dérive communautariste si c’est aussitôt pour renoncer à lutter contre l’islam politique et se borner à rappeler des généralités»,
a écrit dans un communiqué le patron du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau.

«Lorsque le communautarisme fragmente notre société, que les Français se déchirent sur la question du voile, c’est l’affaire du président», a rétorqué la députée Valérie Boyer. «On aimerait savoir ce qu’il propose pour lutter contre le communautarisme qui menace de fracturer notre société», a embrayé sur Europe 1 l’eurodéputé François Xavier Bellamy qui «aurait aimé» qu’Emmanuel Macron «soutienne son ministre de l’Éducation».

Sur France 2, la présidente du RN Marine Le Pen a estimé que le chef de l’État «est garant de la préservation de la laïcité qui est un trésor français. Et dans le même temps il vient dire: “il y a un islam politique, qui, au travers du communautarisme, cherche à faire sécession avec la République”. Et à cela qu’est-ce qu’il apporte comme réponse? Rien, je m’en lave les mains».

À l’inverse, le député PS Boris Vallaud s’est félicité des propos du président. «Il vient de fermer le ban, j’espère que son ministre de l’Éducation l’entendra», a-t-il dit sur LCI, tout en attendant un discours d’Emmanuel Macron sur
la laïcité.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2oiDTLm

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