Chine: le Parti communiste de Xi Jinping prend la tête de l’offensive anti-occidentale


Chine: le Parti communiste de Xi Jinping prend la tête de l’offensive anti-occidentale:

Le comité central du PCC s’engage dans un combat idéologique pour supplanter les valeurs démocratiques.

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À Pékin

L’ouvrage s’annonce déjà comme le livre de chevet indispensable des cadres de la Chine rouge. Ce nouvel opus à la gloire de Xi Jinping,
dont la «pensée» est désormais inscrite dans la constitution chinoise, a donné le ton du plénum du Parti communiste qui s’est conclu ce jeudi dans le Grand Hall du Peuple à Pékin par un ralliement unanime au dirigeant le plus autoritaire
depuis Mao. En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, les caciques appellent en chœur «à s’unir étroitement avec le camarade Xi Jinping occupant le rôle central», selon un communiqué publié à l’issue de quatre jours de palabres
derrière des portes fermées.

Il s’agissait de la première réunion des 370 membres du Comité central depuis vingt mois, et elle avait été qualifiée d’«historique» par l’agence officielle Xinhua. Ce long délai avait suscité les spéculations sur d’éventuelles dissensions
internes, à l’heure où la croissance de la seconde économie mondiale pique du nez tandis que son autorité est défiée à Hongkong. Le moulin à rumeurs de Pékin évoquait même le possible adoubement d’un successeur pour rassurer les modérés, échaudés
par le changement de Constitution offrant à Xi la possibilité d’un règne à vie depuis 2018.
Le communiqué final a levé tout suspense. «Il n’y a pas de lutte interne. La réunion renforce encore l’autorité de Xi qui soude le Parti et le gouvernement sous son emprise, à rebours des réformes de Deng Xiao Ping», affirme Chen
Daoyin, un analyste indépendant. Deux ans après un 19e congrès triomphal, le «prince rouge», qui recevra Emmanuel Macron lundi à Shanghaï, poursuit sa reprise en main idéologique, avec pour ambition de bâtir une forteresse autoritaire, capable
de défier l’Occident, tournant le dos à trois décennies de timide ouverture, sous l’égide du «petit timonier».

Derrière les formules ampoulées d’un communiqué touffu, Xi met en ordre de marche une machine de guerre idéologique anti-occidentale, en pleine escalade des tensions avec les États-Unis. Le plénum détaille «pour la première fois les avantages du système de la gouvernance chinoise », pointe l’agence Xinhua, combative. Le fils d’un compagnon de route de Mao ambitionne de marquer l’histoire en accomplissant la renaissance nationaliste de l’empire du Milieu, sonnant le glas d’un siècle et demi d’humiliante suprématie occidentale,
en menant un combat sur les valeurs.

Climat de censure accrue

«Depuis le congrès, tout ce qui est occidental est rejeté. Le message central est que le Parti dirige tout, de la société à l’économie en passant par la culture. L’objectif est d’accoucher d’un régime capable de rivaliser avec le système démocratique occidental en 2049», décrypte Chen. La Chine populaire, qui vient de célébrer en grande pompe ses 70 ans le 1er octobre, s’inscrit dans la durée avec pour ambition de triompher à l’échelle mondiale à l’occasion de son centenaire. «Il n’y a plus d’opposition ouverte, mais il existe des réticences face à sa ligne décomplexée», nuance un universitaire pékinois qui préfère garder l’anonymat, dans le climat de censure accrue depuis l’arrivée au pouvoir du dirigeant en 2013.

Hongkong s’annonce comme un test grandeur nature pour le régime, qui a envoyé des signaux
menaçants à destination des manifestants défendant bec et ongles depuis cinq mois dans la rue la semi-autonomie de l’ancienne colonie britannique. Pékin compte «améliorer» le système de nomination du chef de l’exécutif, ainsi que
le système juridique, afin de «préserver la sécurité nationale», a déclaré vendredi Shen Chunyao, un haut cadre en charge du Bureau des affaires de Hongkong et Macao. Ces propos sibyllins nourrissent le spectre d’une intervention
plus directe du pouvoir central dans les affaires de l’île, alors que les rumeurs d’un remplacement de Carrie Lam circulent depuis la semaine dernière.

Le régime annonce également une reprise en main du système éducatif du territoire, afin d’inculquer «une conscience nationale» en particulier chez les «adolescents», qui sont en pointe dans les cortèges de manifestants.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/32auIuv

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