La Russie aménage une base militaire dans le nord-est syrien


La Russie aménage une base militaire dans le nord-est syrien:

Ces nouvelles installations en zone kurde s’ajoutent aux deux principales bases russes en Syrie, à Heimim et Tartous.

C’est un nouveau signe de l’influence russe en Syrie, autant que du rapprochement entre Moscou et Ankara.
La Russie a déployé sur une base militaire des hélicoptères et des missiles sol-air à Qamichli, ville kurde du nord-est de la Syrie, une zone frontalière de la Turquie où étaient précédemment positionnés les Américains, a annoncé ce
jeudi l’armée russe.

Cette base, officiellement nommée «bureau de commandement aérien», assurera «des vols ininterrompus (…) et la protection et la défense du territoire», a déclaré à l’agence de presse officielle TASS le commandant de
la base, Timour Khodjaïev. Plusieurs hélicoptères y sont déjà arrivés, a-t-il ajouté. Selon lui, ils viendront en soutien à la police militaire russe qui effectue des patrouilles conjointes avec l’armée turque dans cette zone. Plusieurs
vidéos montrent effectivement que les convois de blindés russo-turcs sont protégés dans les airs par des hélicoptères des forces aériennes russes.

La chaîne de télévision russe Zvezda, propriété du ministère de la Défense, a diffusé des images de l’arrivée de trois hélicoptères à Qamichli. Parmi eux, un Mi-8 de transport et deux Mi-35 de combat. On voit également un système de
défense anti-aérienne de courte portée Pantsir. «C’est un moment historique. A partir d’aujourd’hui, notre groupe aérien opérera constamment à l’aéroport de Qamichli», déclare la chaîne spécialisée dans les questions de
défense.

Une troisième base militaire russe en Syrie ?

Qamichli, située à la frontière avec la Turquie, est la principale ville kurde du nord-est de la Syrie. Les forces kurdes contrôlent la majorité de la ville tandis que les forces du régime de Damas maîtrisent l’aéroport et la plupart
des quartiers arabes. La semaine dernière, les médias syriens et russes avaient évoqué, au conditionnel, le souhait de Moscou de louer pour une durée de 49 ans l’aéroport de Qamichli.

De tels baux ont été accordés par Damas à Moscou pour ses deux principales installations militaires en Syrie : l’aéroport de Heimim et la base navale de Tartous dans la région de Lattaquié, fief des Assad, dans l’ouest du pays.
En termes de moyens, la base de Qamichli est loin de rivaliser avec ces deux dernières. Heimim accueille plusieurs dizaines d’avions et d’hélicoptères protégés dans des hangars sécurisés depuis les nombreuses attaques rebelles de drones. Des systèmes anti-aériens S-400 à longue portée – particulièrement médiatisés depuis que la Turquie, membre de l’OTAN, a décidé de s’en procurer
– y sont également déployés. Quant à Tartous, ce port militaire accueille en permanence plusieurs navires lance-missiles russes, dont des sous-marins, ainsi que des navires de transport qui assurent les livraisons entre Sébastopol et la Syrie. Le lieu est protégé par des systèmes S-300 un peu moins modernes que les S-400.

Le choix de s’établir à Qamichli n’est pas anodin pour les Russes alors que Moscou se pose en arbitre dans le nord-est syrien. «La ville est située à proximité du croisement des frontières syro-turco-iraquiennes, ce qui en fait un point stratégique,
explique au Figaro le chercheur Igor Delanoë, directeur-adjoint de l’Observatoire franco-russe. C’est un site assez exceptionnel car y cohabitent depuis des années des forces syriennes loyalistes, des forces arabo-kurdes, des Américains, des forces spéciales européennes, des Russes. Il y a pu y avoir des accrochages entre la garnison syrienne et les Kurdes, mais globalement, ce petit monde vit en bonne intelligence».

Les forces américaines étaient présentes dans la ville de Qamichli jusqu’à ce que Donald Trump ordonne leur retrait de la région en octobre, alors que la Turquie lançait une offensive dans le nord syrien pour éloigner de sa frontière
la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Cette intervention turque a été en grande partie interrompue suite à un accord passé entre Ankara et Moscou. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH),
les forces américaines disposent encore d’une base importante près de Rmeilane, une ville à l’est de Qamichli.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/3536F2u

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