Ces associations qui dénoncent le «racisme d’État» grâce à des fonds publics


Ces associations qui dénoncent le «racisme d’État» grâce à des fonds publics:

Un élu demande que Paris ne renouvelle pas ses subventions à l’une d’entre elles.

L’argent public peut-il servir à financer des associations qui entretiennent la détestation de la France et de ses forces de l’ordre? Des militants fustigeant le «racisme d’État», sa politique néocoloniale et les «rafles» que
la police organiserait peuvent-ils réclamer des subsides à ces autorités qui les «stigmatisent»? Alors que la Ville de Paris s’apprête à renouveler ses subventions à plusieurs associations, l’élu du XVIIIe arrondissement Pierre Liscia,
après avoir pointé, l’an dernier, les outrances de la Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou·te·s les immigré·e·s), demande au préfet Michel Cadot d’invalider les aides votées à l’Acort (Assemblée citoyenne des originaires
de Turquie).

«Nul ne comprendrait que des organisations qui tiennent des discours aussi dangereux pour la cohésion nationale puissent être financés par le contribuable», écrit l’élu dans son courrier, invitant le préfet à saisir le procureur de la
République sur les mêmes fondements que ceux invoqués par son collègue de la Drôme, Hugues Moutouh. Fin octobre, ce dernier avait porté plainte pour diffamation contre un militant associatif accusant le gouvernement de mener une «politique de chasse aux musulmans», suivant «les pas de [la France] de Vichy». Au Figaro, la préfecture d’Île-de-France répond que «le contrôle de légalité pourra s’exercer sur l’octroi de la subvention dès lors qu’ [elle] aura reçu les délibérations mises en cause, si elles sont effectivement adoptées par le Conseil de Paris».

Créées dans les années 1970, «ces associations étaient encore tout à fait respectables il y a quelques années, estime Pierre Liscia, chef de file de Libres! à Paris. Mais elles ont été noyautées par des mouvances indigénistes, décoloniales, etc., et elles tiennent désormais des propos qui devraient les exclure de facto des dispositifs de solidarité nationale et municipale. Aujourd’hui, la Ville de Paris finance ce que l’État combat!». Sur
le site de l’Acort, on défend les «migrant·e-s chassé·e-s, torturé·e-s, traumatisé·e-s, persécuté·e-s par l’État», on appelle à manifester «contre le racisme d’État et les violences policières», qui «nous blessent, nous mutilent et nous tuent, non pas pour ce que nous faisons, mais pour ce à quoi nous sommes réduits, essentialisés, stigmatisés: des Noirs, des Arabes et des Roms.»

Si l’on en croit le jaune budgétaire 2019, l’association aurait touché en tout 24.500 euros de différents ministères en 2017

Coordinateur général de cette association qu’il décrit comme «un centre social laïque ouvert à tous», Ümit Metin participait dimanche à la marche contre l’islamophobie. «Le racisme d’État, c’est la loi de 2004 (contre les
signes religieux à l’école, NDLR), explique-t-il. Pour quelques cas seulement, on a stigmatisé tous les croyants, les personnes de culture musulmane et fragmenté la société française.» Ne craint-il pas de perdre ses subventions?
«Ce serait une atteinte à la liberté d’expression», s’indigne-t-il, indiquant que l’Acort est financée par la Ville de Paris (à hauteur de 5000 euros), mais aussi «par la CAF et l’État». Si l’on en croit le jaune budgétaire
2019, l’association aurait touché en tout 24.500 euros de différents ministères en 2017.

En 2018, la Fasti, repérée par Pierre Liscia pour «ses prises de position radicales» – dénoncées aussi par la Licra -, s’était finalement vu attribuer sa subvention de la Ville de Paris: 3000 euros. En janvier 2019, le gouvernement
s’en était ému: «Pas d’argent public pour des associations qui ont des propos contraires aux valeurs de la République!», avait lancé son porte-parole de l’époque, Benjamin Griveaux. La Fasti avait reçu, en 2017, plus de 210.000
euros de subventions de quatre ministères différents. Elle renvoie le Figaro à un communiqué dans lequel elle rétorque que «lorsque l’État ou une collectivité territoriale accorde une subvention, il ou elle ne s’attache pas aux opinions ou analyses de l’association qui la demande, mais à l’action envisagée, dont la nature et les objectifs doivent être conformes à l’intérêt général».
Au Commissariat général à l’égalité des territoires, son plus gros financeur, on explique que «la Fasti a été soutenue en 2019, dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs 2017-2019, pour un montant de 120.000 euros».
«Les axes de la convention sont concentrés autour des enjeux de l’accès aux droits et de la lutte contre les discriminations. Cette convention pluriannuelle prend fin en 2019».

Va-t-elle être reconduite? «J’espère bien que non!», s’élève le député Libres! (apparenté LR) de l’Essonne Robin Reda. Fin octobre, à l’Assemblée, il avait interpellé le ministre de l’Intérieur au sujet des financements octroyés
à des associations «qui justifient les attentats de 2015 au nom de la paupérisation et assimilent les policiers à des oppresseurs au service de la domination capitaliste». «Comme ces associations ont les mêmes interlocuteurs depuis des années, il y a une logique de reconduction automatique des aides,
déplore le parlementaire. Cette convention, on aurait pu la dénoncer depuis 2017! On pourrait même demander le remboursement des sommes perçues: les associations qui propagent une haine explicite de la France et des Français doivent rendre leur argent aux Français.»


À Valence, ce militant poursuivi pour diffamation

«À un moment, il faut tracer une ligne entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.» C’est pour cela qu’il y a trois semaines, après la diffusion sur Facebook de propos jugés «haineux», le préfet de la Drôme a décidé, «au nom
de l’État», de porter plainte pour «diffamation publique à l’encontre d’autorités publiques». Une pétition de soutien à Hakim Madi, ce militant associatif de Valence qui avait accusé le gouvernement de mener une «politique de chasse
aux musulmans», entretenant un «climat islamophobe et raciste», suivant «les pas de [la France] de Vichy», a, depuis, été signée par plus de 5300 personnes.

C’est sur la page Facebook de la députée LREM Mireille Clapot que s’était exprimé, le 14 octobre, Hakim Madi. «Notre pays est en train de filer tout droit vers l’abîme, vers l’innommable, vers l’apartheid!», l’interpelle-t-il, avant
de lui demander si elle cautionne «les appels à la discrimination religieuse et raciale». Des «propos diffamatoires inacceptables», selon le préfet Hugues Moutouh, qui «conduisent à dresser les Français les uns contre les autres
et représentent donc un danger pour le pacte républicain». «Ce type de discours communautariste n’a pas sa place dans la République, affirme Hugues Moutouh au Figaro. Cela crée un risque important pour l’ordre public,
car les plus vulnérables peuvent prendre ces propos à la lettre». D’autant plus, souligne-t-il, que le militant «diffusait l’agenda de la députée et appelait à manifester devant sa permanence…».

Il a des responsabilités associatives, des ambitions politiques, et ses posts sur Facebook ne sont pas un mouvement d’humeur, mais quelque chose de réfléchi, d’écrit

Hugues Moutouh, préfet de la Drôme

S’il a porté plainte, poursuit le représentant de l’État, c’est qu’Hakim Madi, qui n’a pas retiré ses propos, «n’est pas un inconnu»: «Il a des responsabilités associatives, des ambitions politiques, et ses posts sur Facebook ne sont
pas un mouvement d’humeur, mais quelque chose de réfléchi, d’écrit.» Fils du président de la mosquée de Valence, selon une source proche du dossier, Hakim Madi serait «proche de la mouvance des Frères musulmans», même s’il n’a
«jamais porté de revendication ouvertement communautariste». Il avait obtenu 3,3 % au premier tour des législatives de 2017. Mais, en septembre 2018, il a été condamné par le Conseil constitutionnel à trois ans d’inéligibilité,
pour ne pas avoir déposé ses comptes de campagne.

«Non à une société du soupçon», «France 2019: donner son opinion peut mener en prison»… Bâillon sur la bouche, quelque 200 personnes – collectif de femmes voilées, représentants associatifs et militants de gauche – se sont réunies
samedi dernier à Valence pour soutenir Hakim Madi. «Il a été entendu au commissariat sous audition libre, indique son avocat, Me Jean Yves Dupriez. On attend maintenant la décision d’orientation de la procédure.»

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2Knf3C4

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