«Ukrainegate»: un témoin clé incrimine Donald Trump


«Ukrainegate»: un témoin clé incrimine Donald Trump:

Selon Gordon Sondland, le président serait à l’origine d’une tentative d’extorsion auprès de son homologue ukrainien.

Donald Trump redoutait l’audition de Gordon Sondland entre toutes. Ses craintes étaient justifiées. Mercredi, devant la commission du renseignement à la Chambre des représentants, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne a confirmé
dans sa déclaration préliminaire avoir tenté d’imposer un «quid pro quo» (donnant-donnant) aux autorités ukrainiennes, sur ordre exprès du président américain.

Le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky, s’il voulait décrocher un rendez-vous à la Maison-Blanche,
devait annoncer publiquement, sur CNN et dès mi-septembre, une enquête contre Joe Biden et le fils de celui-ci, Hunter, grassement rémunéré par la firme gazière Burisma.

Jovial et souriant malgré les circonstances, Sondland, richissime patron d’une chaîne hôtelière d’Oregon et grand donateur républicain, avait déjà témoigné dix heures durant devant le Congrès, le 17 octobre dernier, pour expliquer son rôle
dans les pressions américaines sur le nouveau gouvernement ukrainien. Mais son témoignage était constellé de «trous de mémoire» et de dénégations relatives au fameux quid pro quo. Un mois plus tard, après que d’autres
témoins clés ont livré leur version des faits, voici que Sondland, assigné à comparaître malgré les efforts de la Maison-Blanche pour l’empêcher à tout prix de parler, altère sa déposition initiale.

«Tout le monde était dans la boucle»

Dès le 18 juillet, il a été mis au courant du gel de l’aide militaire américaine à l’Ukraine (391 millions de dollars), si importante pour l’effort de guerre du pays face aux irrédentistes prorusses de la région du Donbass (est). Et il a «rapidement compris» que le déblocage de cette aide, ainsi qu’une rencontre espérée par Zelensky avec Trump à la Maison-Blanche, était conditionné aux enquêtes exigées par Rudy Giuliani «sur ordre du président». «Y a-t-il eu quid pro quo
? La réponse est oui», tranche-t-il.

Sondland ôte ici aux défenseurs de Trump l’argument qu’ils conservaient en ultime recours: que toute cette sombre histoire ne soit finalement qu’une nouvelle lubie de l’ingérable Giuliani, fusible idéal pour protéger celui que Sondland appelle «le boss» et coupable d’avoir outrepassé les ordres de Trump en s’acharnant contre Joe Biden.

Donald Trump n’est pas le seul à faire les frais de la candeur subite de Sondland.

Donald Trump n’est pas le seul à faire les frais de la candeur subite de Sondland: «Tout le monde était dans la boucle», assure ce dernier, égrenant les noms de hauts responsables à la Maison-Blanche, au département d’État et au Conseil
de sécurité nationale (NSC), «régulièrement tenus au courant» des efforts du pugnace Sondland auprès de «Ze (pour Zelensky)» en vue d’ouvrir lesdites enquêtes tant attendues. «Tout le monde», à commencer par
le secrétaire d’État Mike Pompeo: Gordon Sondland étaye ses dires avec des courriels, jusque-là inédits, échangés avec Pompeo, qu’il souhaitait tenir informé des «progrès» du régime Zelensky sur la voie du donnant-donnant.

Sondland maintient le flou sur un seul point: il ne se souvient pas avoir dit au téléphone avec Trump, le 26 juillet, qu’il était question pour les Ukrainiens d’enquêter sur Biden. «Je me souviens seulement avoir parlé de Burisma»,
précise l’entrepreneur, qui s’affranchit ici à peu de frais, rejetant toute responsabilité sur les seuls Trump et Giuliani. Cet argument est cependant contredit par David Holmes, diplomate en poste à Kiev, qui a entendu toute la conversation
et certifie que Biden fut bien cité par les deux hommes. «Le président parlait si fort, a confié Holmes lors de sa propre audition à huis clos, que Sondland avait écarté son oreille du téléphone» lors d’une conversation
non sécurisée et donc facilement interceptée par les services de renseignement russes.

Prendre ses distances

Accablant, le témoignage de Gordon Sondland est une catastrophe pour Donald Trump, «trahi» par un des siens: un entrepreneur comme lui, supporteur enthousiaste de sa candidature présidentielle en 2016, et non un de ces bureaucrates
du département d’État soupçonnés d’être des «résistants» contre son Administration. «C’est un moment John Dean, assure George Conway, un détracteur acharné de Trump, évoquant l’ex-avocat de la Maison-Blanche qui,
le 25 juin 1973, impliqua directement le président Richard Nixon dans le scandale du Watergate. Il entrera dans l’histoire politique américaine.»

Interrogé à l’issue de cette audition, Donald Trump s’est efforcé de prendre ses distances avec le témoin. «Je ne le connais pas très bien. Je ne lui ai pas beaucoup parlé», a-t-il indiqué, avant de résumer leur échange controversé:
«Il a juste dit: que voulez-vous? (…) Et voici ma réponse, qu’il a citée. Vous êtes prêts? Les caméras tournent? “Je ne veux rien.” C’est ce que j’ai dit. Je l’ai dit deux fois.»

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2D3XzXf

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