«Gilets jaunes»: premier procès d’un policier poursuivi pour violences à Paris


«Gilets jaunes»: premier procès d’un policier poursuivi pour violences à Paris:

Un policier est jugé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir jeté un pavé sur des manifestants lors de la mobilisation du 1er mai.

Il avait été filmé en train de jeter un pavé vers des manifestants, le 1er mai. Un policier est jugé jeudi 20 novembre pour «violences volontaires» devant le tribunal correctionnel de Paris. Une première depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», il y a un an. Un deuxième dépositaire de l’ordre public doit comparaître devant le même tribunal avant la fin de l’année pour avoir giflé un homme lors de la même manifestation.

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Depuis un an, et le début du mouvement des «gilets jaunes», les plaintes pour «violences policières» se sont multipliées au fil des manifestations organisées pratiquement tous les samedis. Pour autant, aucune plainte n’avait encore abouti à un procès. L’identification des auteurs de violences est souvent compliquée, même si elle peut être facilitée par la multiplication des vidéos prises lors des mobilisations. Ce qui est le cas pour le policier jugé ce jeudi.

Gilets jaunes: la police fait-elle trop de blessés?

La scène se déroule le 1er mai, alors que de nombreux manifestants se sont rassemblés à Paris pour une nouvelle journée d’action. Des heurts violents ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, surtout en fin d’après-midi à proximité de la place d’Italie. Vers 17h30, en face de la Pitié-Salpêtrière dans le XIIIe arrondissement de Paris, le CRS, membre d’une compagnie de sécurité basée à Toulouse, est filmé en train de lancer un pavé en direction des manifestants. Impossible, toutefois, de distinguer l’endroit où le projectile a atterri. La vidéo du journaliste de l’agence indépendante Line Press, Laurent Bortolussi, a été partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Le policier est poursuivi pour «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas entraîné d’incapacité». Il encourt donc une peine de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende (article 222-13 du Code pénal). En janvier, un manifestant qui avait jeté un pavé sur les forces de l’ordre sans faire de blessés, avait été condamné à huit mois de prison ferme, à Strasbourg.

372 procédures enregistrées en France

Aucune victime ne s’est manifestée ni n’a déposé de plainte. Il n’y aura, d’ailleurs, pas de partie civile lors du procès qui s’ouvrira en début d’après-midi. «Au niveau du droit, je vais insister sur la difficulté de la qualification de “violences volontaires” car pour qu’il y ait violence, en général, il faut qu’il y ait une victime, indique Me Laurent Boguet, qui va plaider pour la relaxe. La “tentative de violences volontaires” n’existe pas. Au niveau sonore, on entend d’ailleurs que le pavé retombe sur la chaussée». Il récuse tout dérapage et affirme que cet acte doit être «contextualisé». Quelques minutes avant la scène, un membre des forces de l’ordre avait été gravement blessé au visage, après un jet de pavé. «Le 1er mai, c’était très tendu. C’était la pire journée de maintien de l’ordre car les policiers ont affronté des groupes très hostiles. Et cela a duré plusieurs heures».

L’avocat sait que l’audience intervient dans un climat particulièrement tendu: «Il s’agit du premier policer jugé». Quelques jours plus tôt, le premier anniversaire du mouvement, a d’ailleurs été marqué par de fortes tensions. Un manifestant de 41 ans a été blessé à l’œil samedi, place d’Italie, par ce qui semble être une grenade lacrymogène. Sa compagne assure qu’il a perdu l’usage de son œil. L’inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie lundi après la diffusion d’une vidéo retraçant la scène. D’après le journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement.

Sur les 212 enquêtes confiées par le parquet à l’IGPN, 146 ont été clôturées. Parmi elles, 54 ont été classées sans suite et seulement 18 procédures ont fait l’objet d’une ouverture d’information judiciaire, dont les convocations des deux policiers devant le tribunal correctionnel. D’après un décompte du ministère de la Justice, transmis à l’AFP, 372 procédures ont été enregistrées dans toute la France, après des plaintes contre les forces de l’ordre. 109 ont été classées sans suite et 29 ont fait l’objet de l’ouverture d’une information judiciaire.

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