Violences: ce que vivent les victimes


Violences: ce que vivent les victimes:

EXCLUSIF – Selon une nouvelle étude, les trois quarts des personnes agressées hors de chez elles ont appelé au secours, quatre sur dix se sont débattues.

Traumatisantes, les agressions physiques? L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) éclaire d’un jour nouveau celles qui visent les personnes dans la rue, à l’école, au travail, dans les transports ou simplement
en faisant leurs courses. Ce sont les violences dites «hors ménage».

En clair: celles qui sont commises par quelqu’un qui ne vit pas avec la victime au moment des faits. Ces violences externes à la sphère familiale représentent, à elles seules, en moyenne, 650.000 agressions par an, d’après la dernière étude de
l’ONDRP réalisée sur la base des réponses à l’enquête «Cadre de vie et sécurité» de l’Insee (16.000 personnes interrogées annuellement depuis 2007).

● La majorité des victimes se sentait pétrifiée

Les criminologues ont analysé trois années pleines, entre 2015 et 2017. Selon eux, les trois quarts des victimes déclarent avoir «pris la fuite» (75 %) et autant avoir «crié» (74 %). Ce qui représente en moyenne, chaque année,
quasiment un demi-million d’hommes et de femmes de 14 ans et plus ayant «appelé au secours». «Une majorité (59 %) a eu le sentiment de ne rien pouvoir faire, se sentant pétrifiée», précise même l’étude. Malgré tout, «près de la moitié des victimes (48 %) indique avoir tenté de discuter et de dissuader» le
ou les agresseurs. Enfin, «39 % se sont défendues et débattues».

● Un acte sur dix serait raciste ou discriminatoire

Un peu plus de la moitié des victimes a été agressée dans l’espace public (53 %). «Donc 46 % des victimes de violences hors ménage connaissaient leur agresseur de vue ou personnellement et ce n’est pas rien!», réagit Aurélien Langlade,
adjoint au chef de l’ONDRP. Il pointe notamment la part importante de victimes agressées sur leur lieu d’études ou de travail (25 %). Et d’ajouter: «Parmi ces victimes, les femmes sont de plus en plus nombreuses.» Autre facteur
souligné: «La majorité des victimes déclarent connaître les raisons de leur agression (63 %)», ce qui signifie que 37 % n’en avaient aucune idée. Dans le détail, près d’une victime sur dix (9 %) décrit les violences comme
discriminatoires (sexistes, homophobes, antisémites, xénophobes) et 7 % évoquent des «violences routières».

Dans 7 % des cas, la victime n’a pas eu de contact physique avec l’agresseur, ayant pu, par exemple, éviter le coup

● Environ 27.000 cas de fractures déclarés chaque année

Dans 7 % des cas, la victime n’a pas eu de contact physique avec l’agresseur, ayant pu, par exemple, éviter le coup. Pour quatre victimes sur dix, les violences ont causé des blessures physiques visibles et trois sur dix évoquent des blessures
physiques non visibles, comme une douleur au dos ou aux cervicales, par exemple. Par ailleurs, «4 % des victimes déclarent que l’atteinte a entraîné une ou plusieurs fractures». Ce qui représente 27.000 cas par an en moyenne.
Seulement 12 % des victimes se voient prescrire une incapacité totale de travail (ITT), soit une moyenne de 77.000 par an. Mais celles-ci sont presque deux fois plus nombreuses (132.000) à considérer les violences subies comme «très importantes».

● Un quart des victimes seulement dépose plainte

Suite à des blessures physiques subies, seulement un tiers de victimes se déplace au commissariat ou à la gendarmerie. Parmi elles, 73 % déposent plainte en bonne et due forme, 19 % optent pour la main courante du commissariat, la
gendarmerie n’ayant en principe aucune main courante. L’ONDRP ajoute que «8 % renoncent finalement à entreprendre ces démarches, une fois sur place». Résultat: le taux de plainte effectif pour des faits de violences physiques
hors ménage n’est que de 24 %. L’étude révèle enfin que 9 % des victimes auxquelles une ITT a été délivrée ne se déplacent pas auprès des forces de l’ordre.

● Un impact psychologique non négligeable

En moyenne, chaque année, 78.000 victimes (33 %) déclarent que les «dommages psychologiques» qu’elles ont subis après leur agression n’étaient «pas importants» et 59.000 autres victimes (25 %) les estiment «peu importants».
À l’inverse, 71.000 personnes agressées (30 %) considèrent ces dommages comme «très importants» et 29.000 autres comme «plutôt importants». L’ONDRP relève que le niveau de ces violences hors ménage «évolue peu depuis dix ans». «Il a même plutôt tendance à baisser»,
assure le patron de l’ONDRP, Christophe Soullez.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/33dCXX4

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