Violences faites aux femmes: les logiciels pour espionner les conjoints dans le viseur


Violences faites aux femmes: les logiciels pour espionner les conjoints dans le viseur:

Des agences de cybersécurité s’allient avec des associations d’aide contre les violences conjugales pour enrayer le développement des logiciels espions utilisés pour harceler des personnes.

Elles sont traquées, suivies, leur vie est passée au crible, observée, analysée. Les femmes sont les premières victimes de l’espionnage numérique, un fléau en hausse de 31% dans le monde en 2019, selon la société Kaspersky, spécialisée dans la vente d’outils de cybersécurité. Ce phénomène se traduit par la recrudescence de logiciels espions permettant de s’introduire dans l’intimité d’une personne à son insu.

La France est le neuvième pays dans le monde le plus concerné par ces applications de surveillance (la Russie détient la première place), selon Kaspersky. Ces logiciels espions permettent, entre autres, de surveiller les activités d’une personne, de lire ses messages, ses mails, suivre ses déplacements, et d’avoir accès en direct à la géolocalisation, parfois même en temps réel. Ils permettent également d’écouter des conversations ou encore d’ouvrir la caméra de l’appareil infecté. Ces applications protéiformes sont vendues légalement comme des solutions pour surveiller des enfants ou des employés. On les appelle des «stalkware», pour «stalker», soit harceleur, en français et «software», pour logiciel.

Outils d’abus

«Ce sont des logiciels espions de pistage qui permettent de s’introduire dans la vie privée d’une personne. Ils sont souvent utilisés comme des outils d’abus dans des cas de violences domestiques et de harcèlement», écrit le collectif à but non lucratif «Stop Stalkerware». Récemment formée, cette coalition qui unit des sociétés de cyber sécurité dont Kaspersky, et des associations de lutte contre les violences domestique, entend justement agir contre cette traque, pendant des violences conjugales. Selon un rapport de recherche de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, en 2017, 70% des femmes victimes de cyberharcèlement ont subi au moins une forme de violence physique ou sexuelle, d’un partenaire intime. Une tendance «alarmante de la violence basée sur le genre dans les abus en ligne», indique la Coalition. «Pour protéger efficacement les victimes, il est important que les fournisseurs de solutions de sécurité et les organismes d’intérêt général collaborent», indique un responsable de Kaspersky.

À voir aussi – Tour du monde des marches contre les violences faites aux femmes

Un site en ligne pour les victimes

À l’occasion de la journée Internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, le 25 novembre, la Coalition «Stop stalkerware» a d’ores et déjà mis en ligne un portail pour venir en aide aux victimes. Un site de sensibilisation (en anglais), et d’entraide, avec des indices courants pour déterminer lorsqu’un logiciel espion est installé sur un smartphone. Pour le moment, la Coalition va mener des actions aux États-Unis et en Allemagne principalement, terres des associations qui ont rallié le projet, mais aspire aussi à mener bataille contre les «stalkers» dans le monde entier.

L’objectif du collectif est de détecter ces logiciels afin d’alerter les femmes espionnées. La Coalition met aussi en garde les victimes: «la suppression du logiciel espion pourrait potentiellement causer plus de tort car l’abuseur en serait immédiatement informé et pourrait alors effacer les preuves essentielles à une enquête policière». La prévention reste une bonne solution: pour se prémunir de l’espionnage numérique, il faut changer de mot de passe régulièrement et ne pas le divulguer, puis veiller à installer des antivirus actifs sur smartphone ou ordinateur. Au moindre doute d’intrusion, il faut alerter les autorités car l’espionnage d’un partenaire est illégal, en France notamment.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/35HNnQp

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