Les dessous intéressés de la fronde anti-«Black Friday»


Les dessous intéressés de la fronde anti-«Black Friday»:

DÉCRYPTAGE – Responsables politiques, militants écologistes et même commerçants s’opposent à cet événement devenu selon eux, un symbole de la surconsommation.

Le «Black Friday» prend de l’ampleur, et avec lui les critiques qu’il suscite. Cette édition a soulevé des oppositions de toutes parts: responsables politiques, militants écologistes et même commerçants ont jeté l’opprobre sur cet événement devenu, selon eux, un symbole de la surconsommation.

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Le combat n’est cependant pas toujours désintéressé. De la part des responsables politiques s’offrant à bon compte une réputation de défenseurs de l’environnement, d’abord. L’amendement déposé par l’ex-ministre de l’Environnement Delphine Batho, prévoyant d’interdire la publicité pour le «Black Friday», a bien peu de chances d’être définitivement adopté. S’il a été approuvé en commission, il devra encore être voté dans l’Hémicycle. Cet amendement intègre la publicité réalisée dans le cadre du «Black Friday» à la liste des pratiques commerciales agressives, passibles d’emprisonnement…

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Sans aller jusqu’à légiférer, la ministre de la Transition énergétique, Élisabeth Borne, a mis en garde lundi les consommateurs qui seraient tentés d’acheter des produits dont ils n’ont pas besoin. «On ne peut pas à la fois baisser les émissions de gaz à effet de serre et appeler à une frénésie de consommation. Il faut surtout consommer mieux», a-t-elle expliqué sur BFM Business. De quoi susciter l’ire des associations de commerçants, qui peinent à se relever d’une année 2018 plombée par les «gilets jaunes». «Il ne faudrait quand même pas oublier que la consommation est l’un des moteurs de l’économie française, défend Yohann Petiot, de l’Alliance du commerce. Et que nous représentons 3,5 millions d’emplois!»

Une opération d’auto-promo à bon compte

De «Black Friday» à… Block Friday: des militants écologistes sont de leur côté passés aux actes. Entre 50 et 100 militants ANV-COP21 et Amis de la terre ont mené jeudi des actions de blocage à l’entrepôt d’Amazon de Brétigny-sur-Orge. Le géant de l’e-commerce affirme que son activité n’est pour l’instant pas perturbée. D’autres actions sont prévues au cours du week-end.

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L’opposition au «Black Friday» vient aussi de certains commerçants. Depuis trois ans, la Camif, spécialiste du meuble, ferme son site internet le 29 novembre pour marquer son opposition à la surconsommation. «Bien sûr, c’est aussi un moyen de faire connaître notre activité et nos convictions, convient son PDG, Emery Jacquillat. Mais cette opération nous coûte 500.000 euros de manque à gagner, ce n’est pas neutre.» Près de 700 marques et enseignes ont rejoint le mouvement «Make friday green again», qui appelle au boycott de ce temps commercial. «Et si le 29 novembre devenait un rendez-vous où consommer moins mais mieux serait notre leitmotiv?», proposent des enseignes telles que Nature & Découverte, Faguo, Manfield ou Bowen.

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«Lors du «Black Friday», le coût de la publicité est multiplié par trente-deux, explique Nicolas Rohr, cofondateur de Faguo. Par cette opération collective, nous arrivons à avoir un retentissement que nous n’aurions jamais eu seuls. C’est l’occasion de nous adresser à notre communauté de clients, sensibles à ces valeurs.»

Avec le paradoxe qu’«un même consommateur peut souhaiter consommer moins tout en recherchant la bonne affaire pour l’achat d’un bien dont il a vraiment besoin…», souligne Salim Poonawala, associé chez Oliver Wyman.

Bercy dissuade les Français d’acheter en ligne

Messages contradictoires. Alors que la ministre de la Transition écologique appelle les Français à ne pas trop consommer pendant le «Black Friday», la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, attire leur attention sur la fragilité économique du commerce de proximité, qu’elle veut voir privilégier pour les achats de Noël. «C’est une invitation, presque un défi, à faire ses cadeaux de Noël chez ses commerçants, chez ses artisans, et de préférence en privilégiant l’achat français», a expliqué la secrétaire d’État mardi lors d’un déplacement à Dijon.

Les Français ont désormais intégré internet à leurs achats quotidiens et réalisent près de 10 % de leurs achats en ligne. Mais e-commerce et magasins ne sont plus à opposer systématiquement. Si presque tous les consommateurs font un repérage en ligne en prévision de leurs cadeaux de Noël, seul un quart réalise ces achats intégralement sur le web, selon Alixpartner. Un chiffre stable par rapport à 2018.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/2DqxTEv

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