Et si les nuages disparaissaient? Le scénario catastrophe d’un climatologue américain


Et si les nuages disparaissaient? Le scénario catastrophe d’un climatologue américain:

LE CLIMAT DANS TOUS SES ÉTATS (4/5) – Un niveau très élevé de CO2 dans l’atmosphère serait capable de faire disparaître complètement les nuages, selon une récente modélisation. Les conséquences seraient désastreuses.

(4/5) La 25e Conférence sur le climat de l’ONU (COP 25) organisée à Madrid touche à son terme cette semaine. À cette occasion, Le Figaro a sélectionné cinq articles parmi les plus populaires publiés cette année sur la thématique du réchauffement. Dans ce 4e volet, nous présentions les résultats alarmants d’un climatologue dont les modélisations prédisent une disparition totale des nuages à horizon 2100 si rien n’est fait pour limiter le rythme auquel croissent les émissions mondiales de CO2. Effrayant.

Article initialement publié le 27 février 2019.


Un climatologue de l’université Caltech en Californie publie dans la revue Nature Geosciencedes résultats effrayants. D’après sa modélisation, un niveau très élevé de CO2 dans l’atmosphère, trois fois le taux actuel (ce que l’on
pourrait atteindre en 2100 si on ne fait rien), serait capable de faire disparaître complètement des couches nuageuses qui ont actuellement un effet de refroidissement du climat. L’impact de ce «nettoyage» des stratocumulus tropicaux se
traduirait par une hausse des températures de l’ensemble de la planète de 8 °C, à ajouter aux prévisions déjà les plus pessimistes du Giec, qui annonçaient + 4 °C en 2100!

Une telle amplification du réchauffement en cours serait évidemment catastrophique, sachant que le Giec met déjà en garde contre des effets irréversibles dès qu’on dépasse 1,5 °C de plus que l’ère préindustrielle. Cela rendrait inhabitable
une bonne partie de la planète.

On sait que la formation de ces nuages risque de devenir plus compliquée avec une hausse du niveau du C02, mais on ne sait pas bien quantifier cet effet

Jean-Louis Dufresne, directeur de recherche au CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique (Paris)

Ces nuages, des stratocumulus maritimes, forment une couche opaque à basse altitude, entre 500 et 2000 m d’altitude. Ils ont un effet refroidissant en réfléchissant vers l’espace une bonne partie des rayons solaires. Mais malheureusement,
les processus physiques qui gouvernent leur formation et leur évolution sont trop complexes pour être inclus dans les modèles climatiques globaux.

«Nous avons montré il y a quelques années avec ma collègue Sandrine Bony que ces nuages étaient en quelque sorte le talon d’Achille de la modélisation du climat, explique Jean-Louis Dufresne, directeur de recherche au CNRS au Laboratoire
de météorologie dynamique (Paris). On sait qu’ils jouent un rôle clé dans l’amplitude du réchauffement et que leur formation risque de devenir plus compliquée avec une hausse du niveau du CO2, mais on ne sait pas bien
quantifier cet effet.» Pour simplifier, le réchauffement risque de perturber le mécanisme qui fait que l’humidité des océans est bloquée à une certaine altitude, formant une couche nuageuse qui intercepte la lumière.

Cet article me paraît excessivement catastrophiste étant donné les hypothèses et la méthodologie employée par les auteurs.

Sandrine Bony, climatologue au Laboratoire de météorologie dynamique

Pour le moment, seuls des modèles simulant les processus physiques de l’atmosphère à toute petite échelle, de l’ordre de quelques dizaines de mètres, arrivent à décrire comment une hausse des niveaux de CO2 dans l’atmosphère peut déstabiliser
la formation des stratocumulus. À cause des limites imposées par la puissance des supercalculateurs, de tels modèles ne dépassent pas des zones de quelques kilomètres de côté. Or, pour leur travail publié dans Nature Geoscience, Tapio
Schneider et ses collègues ont extrapolé un de ces résultats obtenus à toute petite échelle dans leur modèle global.

«C’est vraiment très compliqué de passer ainsi d’un tout petit domaine à un modèle à l’échelle de la planète entière, il faut faire de nombreuses hypothèses», remarque Jean-Louis Dufresne. Un saut d’échelle qui semble ne pas convaincre une bonne
partie des spécialistes. «Cet article me paraît excessivement catastrophiste étant donné les hypothèses et la méthodologie employée par les auteurs», commente de son côté Sandrine Bony, climatologue au Laboratoire de météorologie dynamique.
L’impact du CO2 sur la formation des stratocumulus devrait donc bien amplifier le réchauffement à venir, mais probablement de moins de 8 °C.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/36EgnJh

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