Grèves: la lassitude gagne les salariés du privé


Grèves: la lassitude gagne les salariés du privé:

Dans les entreprises, après dix jours de conflit et malgré les solutions mises en place, la fatigue se fait sentir.

C’est une France à deux vitesses qui se dessine en ce mois de décembre: d’un côté, des grévistes en nombre à la RATP, la SNCF et chez EDF, avec des profs en renfort ; de l’autre, 19 millions de salariés et 3 millions d’indépendants qui se démènent
pour aller travailler. L’appel à la grève des 5 et 10 décembre a beau avoir été interprofessionnel, c’est-à-dire couvrant tous les secteurs d’activité, le nombre de grévistes a été epsilonesque dans le privé. Chez Renault, qui fut longtemps
un bastion social, l’absentéisme n’a pas dépassé 5% le 5 décembre et 1% le 10. «Nos syndicats sont plutôt concentrés sur des sujets “maison”, comme les négociations salariales annuelles. Reste à voir si cela changera avec la nouvelle position de la CFDT»,
témoigne un cadre travaillant au siège de Total à la Défense. Et c’est encore plus vrai dans les petites entreprises. «Nos collaborateurs participent à la production et ne veulent pas prendre le risque de mettre l’entreprise en péril»,
explique Alain Griset, président de l’U2P (artisans et professions libérales).

«Pris en otages par des syndicats radicalisés»

Pas question pour autant au Medef de pointer du doigt les grévistes, au risque de tendre le climat social. Jeudi sur France Inter, son président Geoffroy Roux de Bézieux a appelé à la raison et s’est dit «inquiet pour les milliers de salariés empêchés de travailler» et pour «les commerçants et les hôteliers». Mais à la CPME (représentant des PME), le ton est déjà plus offensif. «Les premières victimes des grèves, ce sont les salariés du privé qui, eux, n’ont pas la garantie de l’emploi»,
déplore son président François Asselin. Quant au président de Croissance Plus (entreprises en croissance), Thibault Bechetoille, il dénonce carrément des salariés et des entreprises «pris en otages par des syndicats radicalisés».

Dans les entreprises, après dix jours de conflit et malgré les solutions mises en place, la lassitude se fait sentir. Même si jusqu’à un tiers des salariés ont été en télétravail certains jours au siège français de Nestlé à Noisiel (Seine-et-Marne)
et que la possibilité a été donnée de travailler sur l’autre grand site d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), «on sent vraiment les gens fatigués», assurait vendredi un porte-parole du groupe, lui-même coincé dans les bouchons depuis
deux heures pour rejoindre son poste. Carrefour, dont le siège est à Massy, a mis en place une plateforme de covoiturage pour aider ses salariés à rejoindre leur travail. Le groupe y facilite aussi le coworking, ainsi qu’à Évry, les salariés
ayant le choix de travailler sur l’un ou l’autre de ces deux sites de l’Essonne.

Tolérance des entreprises

Magali Marton, directrice des études du cabinet de conseil en immobilier Cushman & Wakefield, témoigne de problèmes très pratiques: les maux de dos pour les salariés «qui n’ont pas forcément un siège de bureau à la maison». Et
surtout, elle souligne qu’«à la longue le lien avec l’entreprise se distend». Elle-même, qui vit dans le XVe arrondissement de Paris et travaille dans le VIIIe, attrape un taxi le matin et, le soir, fait
45 minutes de marche pour rentrer. Tolérable, selon elle. Il est vrai que certains Franciliens sont à quatre heures de trajet par jour, alternant marche et trains bondés. Certes, la très grande majorité des entreprises fait preuve de tolérance.
Ainsi, un cadre dans une banque, habitant à 30 kilomètres au sud de Paris, commence sa journée en télétravail, avant de prendre sa voiture une fois les bouchons résolus. «Je surveille l’application Waze et dès que le trafic est fluide, je prends la route»,
explique-t-il. Mais certains salariés n’ont pas cette chance. «J’ai un ami qui est obligé de poser une demi-journée, lorsqu’il arrive tard», ajoute-t-il.

Climat anxiogène

Tout se corse dans les entreprises où les salariés doivent être présents et à des horaires déterminés. Joué Club a avancé la fermeture de ses magasins du IXe arrondissement à 19 heures, au lieu de 20 heures, pour que ses employés
puissent prendre les lignes de métro qui ne fonctionnent qu’aux heures de pointe. «En interne, il y a un climat anxiogène. La moitié des salariés ne sont pas venus et l’autre moitié n’en peut plus de faire de si longs trajets, alors qu’il faut tenir jusqu’à la fin de l’année»,
explique un dirigeant d’un grand magasin parisien. Pour éviter ce stress, Wisecom, une société de centre d’appels située dans le centre de Paris, a pris une option radicale: louer, à la charge de l’entreprise, des appartements à moins
de 15 minutes à pied des sites. Dans certains de ses hôtels, Accor a mis à disposition de collaborateurs des chambres où ils peuvent rester dormir.

Paradoxalement, à l’usine de Poissy de PSA, les ouvriers, qui viennent en voiture ou en cars dédiés (une tradition dans l’auto), ont dans l’ensemble réussi à prendre leur service sans encombre. Aux heures d’embauche, 5 h 20 le matin ou 13
heures, la circulation est fluide. Ils quittent aussi l’usine en horaire décalé. Même constat chez Renault à Flins.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/34p8fL9

Un commentaire sur “Grèves: la lassitude gagne les salariés du privé

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  1. JOYEUX NOËL ! Si un responsable de la CGT avoue que non seulement cette réforme des retraites il faut la faire mais surtout si il avoue que le Projet de l’actuelle majorité est au fond et en vérité assez bien ficelé, voire quasiment de gauche !!! Il va être conspué par sa base et roulé dans le goudron et les plumes ! Voilà la triste vérité.

    En fait cette réforme est bonne et globalement bien pensée. Bien sûr elle doit être discutée et adaptée. Cette Réforme est-elle à mettre à la poubelle comme de la vulgaire merde comme le crie haut et fort la CGT et Cie ? Toute la Chienlit que la CGT et la FI provoquent c’est seulement pour faire plaisir à leurs troupes sans lesquelles ils n’existeraient pas.
    Combien de Pauvres GOGOS travailleurs de base sont ainsi manipulés et défilent dans la rue…pour rien ! ! !
    Enfin si……..ils participent à la paralysie de l’ économie et à la fermeture de petits commerces et de petites entreprises et à l’emmerdement quotidien de millions de personnes qui souhaitent simplement aller au boulot !
    M. Martinez regardez les sondages…le vent tourne il y a une très large majorité de travailleurs qui ne vous suivent pas du tout, bientôt votre syndicat va encore perdre un peu plus de crédibilité et d’adhérents!
    Bientôt Pchitt ! Plus Rien ! Joyeux NOËL !

    J'aime

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